La communication permet-elle mieux de comprendre ?

medias1  Attirer, influencer, convaincre, persuader, séduire, sensibiliser telles pourraient être les finalités naturelles de l’action de communiquer. Mais est ce que la communication permet de mieux comprendre et par là-même enrichir notre sens critique ? Cette question devient centrale quand la communication ne s’adresse plus spécifiquement au consommateur mais au citoyen.

Médias et cohésion sociale

L’originalité de notre société réside ainsi dans l’utilisation des médias et de la technologie pour obtenir la cohésion sociale. Herbert Marcuse considère ainsi que  la société unidimensionnelle qui se  satisfait ainsi des désirs qu’elle a elle-même suscités et calibrés de manière fonctionnelle transfert de l’esprit des individus à l’ordre même des choses, qui pense, sent et imagine à leur place, et leur dicte ce qu’ils doivent vouloir et désirer, en rapport avec une certaine exigence de confort qui est devenue la fin vers laquelle tend la vie sociale dans son ensemble.

« Si les individus sont satisfaits, s’ils sont heureux grâce aux marchandises et aux services que l’administration met à leur disposition, pourquoi chercheraient-ils à obtenir des institutions différentes, un production différente de marchandises et de services ? Et si les individus qui sont au préalable conditionnés dans ce sens s’attendent à trouver, parmi les marchandises satisfaisantes, des pensées, des sentiments et des aspirations, pourquoi désireraient-ils penser, sentir et imaginer par eux-mêmes ? »H. Marcuse, L’homme unidimensionnel (1964), trad. fr., Paris, Minuit, 1968, p. 75

Négociation et communication publique

Pour autant, la démocratie est fondée sur la liberté de communiquer, fondée sur la confrontation des intérêts, l’argumentation et la négociation. C’est sur ce postulat que la communication publique doit être envisagée, mais également par tout organisme faisant la promotion de thématiques d’intérêt général (santé, justice, énergies, social…).

L’article 1er de la Charte des communicants publics, adoptée en 2002,  constate que « devant le déploiement croissant de la société de l’information, la communication publique s’affirme aujourd’hui comme une nécessité incontournable des institutions et états démocratiques. De ce point de vue, elle s’apparente, non à un simple outil technique de mise en forme des politiques publiques, mais à une démarche globale inscrite dans l’exercice même de la gouvernance publique ».

Construction de sens et mise en commun

Pour éviter de réduire la communication à l’une de ses composantes (médias, publicité…) est de faire de celle-ci une activité de compréhension, qui se caractérise par un ensemble de processus contribuant à la construction d’une représentation mentale. La compréhension fait appel à un ensemble de traitements cognitifs permettant d’établir la cohérence, ainsi qu’à la capacité d’interprétation. Les processus métacognitifs, c’est à dire l’aptitude à réfléchir sur ses propres processus cognitifs et à les contrôler constituent une composante à part entière.  La communication ne doit pas réaliser la compréhension totale et réciproque ; elle ne peut que parfois réduire l’incompréhension, confronter les confrontations et participer aux négociations. La communication n’est pas une solution, mais c’est une construction du sens qui doit être entendue selon l’étymologie du mot latin communicare, qui signifie au sens propre « mettre en commun ».

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