La marque France à construire

Marque FranceUne consultation vient d’être lancée pour que les Français donnent leur avis sur la future marque France, versant économie. L’objectif est de constituer une histoire économique reconnue et partagée, au travers de questions sur les inventeurs, les faits marquants et  les valeurs sous tendant la future marque.

La consultation fait suite à la parution d’un rapport qui a identifié trois valeurs fondamentales « l’amour des gestes et du savoir-faire », « la vision de la France, sa capacité à imaginer et à initier », et enfin « l’art de la surprise »  (innovation de rupture).

Plus concrètement, conscients que le « récit économique français ne se fera pas en quelques mois », les auteurs recommandent d’adapter les programmes scolaires pour reconsidérer les faits historiques sous un angle également économique. Ils préconisent également « une charte graphique « ombrelle » pour la marque France, l’obligation de marquer l’origine des produits, la création d’un outil permettant d’évaluer l’attractivité de la marque ou encore de lancer en complément du site France.fr, le « France store » pour vendre l’offre touristique et culturelle du pays.

A l’issue de la consultation qui se clôturera fin septembre, la mission publiera un rapport final le 28 octobre. La future marque France sera connue en janvier 2014. A suivre…

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Réseaux sociaux et vie réelle

Reseaux sociaux  L’étude de Pew Research Center publiée au début de juin bat en brèche l’idée reçue que les réseaux sociaux isolent les personnes dans la vie réelle. Au contraire, les personnes qui utilisent des sites comme Facebook ont en fait des relations sociales plus développées et sont plus impliqués dans des activités civiques et politiques.

Plus on fréquente Facebook, plus on fait confiance aux autres

Les sociologues du Pew Research Center ont interrogé 2.255 adultes sur leur utilisation de réseaux sociaux comme Facebook, MySpace, LinkedIn et Twitter. Elle indique aussi que plus on fréquente Facebook, plus on fait confiance aux autres, un critère retenu par les chercheurs pour mesurer les relations sociales dans la vie réelle. L’enquête souligne également que les utilisateurs de Facebook se sont davantage impliqués dans les élections américaines de mi-mandat, en novembre dernier. Ils sont deux fois et demi plus nombreux que les autres à avoir participé à une réunion politique, 43% plus nombreux à avoir dit qu’ils iraient voter.

Pas plus de 300 amis

Ces résultats sont à mettre en perspective avec une  autre étude d’une équipe d’informaticiens et de mathématiciens de l’université de l’Indiana publiée en 2011. En analysant les comptes twitter de plus de 3 millions d’utilisateurs, cette étude  a déterminé  qu’une personne dépasse très rarement les « 300 « amis ». Un nombre qui concorde aux travaux de l’anthropologue Robin Dunbar. Au début des années 1990, alors qu’il étudiait l’organisation sociale chez les primates, Robin Dunbar avait théorisé que la taille de leur néocortex induisait une limite au nombre d’individus composant un groupe « efficace ». En extrapolant ses données pour les appliquer aux humains, il était parvenu à la conclusion qu’au-delà de 150 individus, le temps et les capacités intellectuelles mobilisées pour entretenir des relations sociales devenait trop important pour maintenir la cohésion du groupe.

Des résultats en partie corroborés par la recherche ethnographique, sociologique et historique, selon Dunbar : les villages du néolithique, tout comme les unités de l’armée romaine, se composaient de 150 personnes. Au-delà de ce nombre, estime l’anthropologue, le temps dévolu par chaque individu à l’entretien des relations sociales devient trop important, et perturbe l’organisation du groupe.

Cependant Robin Dunbar, le chiffre de 150 personnes est soumis à caution : dérivé d’observations empiriques sur des primates, il ne s’appuie pas sur des observations à grande échelle de populations humaines. D’autres chercheurs, et notamment Russell Bernard et Peter Killworth, sont arrivés à des chiffres proches de 300 en s’appuyant sur d’autres types d’observations.

Les conclusions d’une étude menée par une équipe d’informaticiens et de mathématiciens de l’université de l’Indiana tendent à donner raison à M. Dunbar. En croisant les données mises à disposition par le réseau social Twitter, l’équipe est parvenue à la conclusion que la limite du réseau d’une personne se situait entre 100 et 200 relations. Pour parvenir à ce résultat, l’équipe a modélisé le nombre d’échanges entre les membres du réseau social et leur réciprocité pour tenter d’isoler l’existence de liens privilégiés entre deux personnes.

Sur Twitter, un utilisateur voit typiquement son nombre de « followers », ou personnes qui le suivent, croître avec le temps. Mais le nombre de relations réciproques – avec échanges de messages dans les deux sens – « sature entre 200 et 300, même lorsque le nombre de connexions entrantes [les followers auxquels l’utilisateur ne répond pas] continue d’augmenter », note l’équipe. « Au-delà de ce point, l’utilisateur peut répondre à de nouvelles sollicitations, mais à un rythme beaucoup plus faible ».

Mais avant même d’atteindre ce point de saturation, le modèle de l’université de l’Indiana montre l’existence d’un plateau, entre 150 et 200 contacts, au-delà duquel « l’augmentation du nombre de contacts fait qu’un individu ne peut plus accorder autant d’attention à chaque contact qu’auparavant ». Un chiffre à rapprocher du nombre « d’amis » moyen d’un utilisateur de Facebook, qui est de 130, suggérant que la constante de Dunbar serait supérieure à 130.

Faute de temps, et de capacité à accorder son attention à un trop grand nombre de sollicitations, un utilisateur de réseau social ne peut donc maintenir des relations « de qualité » qu’avec un nombre de personnes inférieur à 200. Ces résultats « tendent à confirmer l’hypothèse de Dunbar, selon laquelle il existe une limite biologique au nombre de relations sociales », notent les chercheurs, pour qui les réseaux sociaux facilitent certes les rapports humains, mais ne changent pas fondamentalement les limites inscrites en chacun de nous. « Les sites de microblogging comme les autres outils de communication en ligne sont comparables à une calculatrice : un outil qui nous fait gagner du temps pour effectuer des calculs simples, mais n’améliore pas nos capacités à l’abstraction mathématique ».