La communication météo sensible

Après la pluie, le beau temps revient. Des aléas climatiques que les entreprises intègrent dans dans leur stratégie et donc dans leur communication. En effet, selon le Département Américain du Commerce, 70% de l’économie seraient « météo-sensibles » : la grande consommation, la distribution, l’agriculture, le transport, l’assurance, l’industrie, les services, l’énergie, le textile, le tourisme, les loisirs, la santé… Des marques comme Unilever qui détient entre autres les glaces carte d’or, Magnun ou Solero, se sont adjoints les services d’expert en veille climatique.                                                                                                                                                                 

Avec des vagues de chaleur, les ventes de glaces peuvent atteindre des pics de 40 à 50 % sur un mois. De même, les marques de  bière dès que les 23 °C sont atteints voient leurs ventes augmenter de 2 % à chaque degré supplémentaire, mais une fois les 27 ° C, les consommateurs se tournent vers l’eau minérale. Le climat influence en France  60 % des produits de grande consommation selon l’étude Climpact (cf. ci-contre Etude Climpact – Juin 2012, Influence de la météo sur la vente de boissons).

De plus en plus, d’entreprises comme Carrefour ou la Redoute intègrent dans leur communication l’intégration des données climatiques grâce à une grande prévisibilité de la météo à deux semaines. Au delà de cette adaptation marketing à la météo de tous les jours, l’effet météo-sensible pose la question de l’adaptation des entreprises  aux changements climatiques. En ce qui concerne l’énergie, la France est particulièrement thermosensible concernant sa consommation d’électricité, compte tenu de la part significative du chauffage électrique. En 2011, EDF a ainsi été le premier en France à avoir communiqué l’impact de la météo sur son chiffre d’affaire dans son rapport annuel. Alors que les Etats peinent à trouver un consensus sur les actionspour diminuer les émissions à effet de serre, les acteurs privés et publics commencent donc  à s’y intéresser.

Les dernières simulations du GIEC montrent  que le climat tend vers une augmentation globale des précipitations mais également une accentuation des contrastes hydrologiques spatio-temporels ( intensification des sécheresses,  inondations plus fréquente,  écarts de température de plus en plus importants par rapport à la moyenne de référence).

Les risques inhérents sont physiques (destruction matériel, dévalorisation des produits…) et  économiques ¬(volatilité des matières premières, chute des ventes, CA, rentabilité…). Leurs impacts touchent la performance d’une entreprise (variation de la production, problème de logistique, modification du comportement des consommateurs, etc.) mais aussi des impacts indirects en touchant les différentes entités de la filière (fournisseurs, partenaires, clients, etc). La dimension climatique est donc une donnée importante à intégrer à la communication sensible des organisations publiques ou privées.

La première partie du rapport du GIEC sur les aspects scientifiques du climat qui sera présentée en septembre à Stockholm est donc particulièrement attendue.  Les deux autres parties (sur l’adaptation au changement climatique et sur les solutions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre) seront, quant à elles, adoptées au printemps 2014. La synthèse globale devrait être présentée pour octobre 2014.

http://meteosensibilite.com/
Weather Risk Management Association (WRMA)

Qwant, moteur de recherche 100 % français

Qwant, moteur de recherche françaisAlors que  près de 90 % des moteurs de recherche sont américains, Qwant, moteur de recherche français vient d’être lancé. A la différence de Google ou de Bing, l’affichage des recherches se fait par code couleurs selon la source (réseaux sociaux, blog…) et par colonnes.  Qwant fait  en sorte que l’internaute voit tout d’un seul regard.  A noter que le personnel, les informations et les serveurs sont localisés en France.

http://www.qwant.com/

La marque France à construire

Marque FranceUne consultation vient d’être lancée pour que les Français donnent leur avis sur la future marque France, versant économie. L’objectif est de constituer une histoire économique reconnue et partagée, au travers de questions sur les inventeurs, les faits marquants et  les valeurs sous tendant la future marque.

La consultation fait suite à la parution d’un rapport qui a identifié trois valeurs fondamentales « l’amour des gestes et du savoir-faire », « la vision de la France, sa capacité à imaginer et à initier », et enfin « l’art de la surprise »  (innovation de rupture).

Plus concrètement, conscients que le « récit économique français ne se fera pas en quelques mois », les auteurs recommandent d’adapter les programmes scolaires pour reconsidérer les faits historiques sous un angle également économique. Ils préconisent également « une charte graphique « ombrelle » pour la marque France, l’obligation de marquer l’origine des produits, la création d’un outil permettant d’évaluer l’attractivité de la marque ou encore de lancer en complément du site France.fr, le « France store » pour vendre l’offre touristique et culturelle du pays.

A l’issue de la consultation qui se clôturera fin septembre, la mission publiera un rapport final le 28 octobre. La future marque France sera connue en janvier 2014. A suivre…

Faîtes vos jeux

jeu et communicationQue cela soit pour soutenir une bonne cause, motiver des collaborateurs  ou recruter des membres pour sa communauté, la gamification (ou ludification en français) est en vogue. Une étude menée par Gartner prévoit que 70 %  des 2000 plus grandes entreprises mondiales utiliseront les jeux dans leur stratégie d’ici 2014.

La gamification permet de toucher de façon efficace votre audience quel que soit son âge et de créer de l’engagement auprès de cette dernière. Les concepts de gamification ont l’avantage de créer de la rétention (un joueur est captivé en moyenne 10 à 15 minutes par jeu) et de générer un effet viral via les différentes interactions entre le joueur et ses amis sur les réseaux sociaux. Les applications Facebook sont un des moyens les plus simples pour les marques pour utiliser les mécanismes de gamification dans leur dispositif de communication.L’essentiel est de bien réfléchir au message que l’on souhaite faire passer tout en choisissant la mécanique de jeu la plus efficace en fonction du message que l’on veut véhiculer. Une organisation humanitaire comme la Croix Rouge a tout avantage de développer un Serious Game qui invite les participants à s’interroger sur leurs actions.

La gamification fait partie d’un dispositif ; les autres composantes du mix-marketing digital tels que l’emailing, l’achat média et le référencement payant viennent compléter le dispositif

Typologie des jeux

Notoriété : Les applications simples comme les quiz et les tirages au sort sont d’excellents moyens de développer une communauté.

Engagement : Les internautes sont entrainés dans une boucle d’interactions plus impliquante qui les poussent à aller plus loin dans leur relation avec la marque. Les enquêtes de satisfaction, les concours photo sont des applications destinées aux communautés plus établies.

Conversion : Il est possible d’inciter à l’achat grâce aux concours débouchant sur un coupon (tirage au sort ou instant gagnant permettant de récompenser les participants avec des offres promotionnelles et des réductions à l’issu du jeu). L’organisation d’un jeu de piste permet aussi de générer du trafic qualifié en magasin.

Fidélisation : Maintenir une communication sur les réseaux sociaux et organiser des animations régulières sontdes  clés pour favoriser la préférence de marque et la recommandations : test de connaissance, test de personnalité, jeu de réflexe ou encore mot à deviner.

Patrimoine littéraire en vente

manuscritHachette Livre et la Bibliothèque nationale de France se sont associés pour proposer à la vente, au grand public, un catalogue de plusieurs milliers de livres anciens, libres de droit, publiés entre le XVe et le XIXe siècle. Réimprimables à la demande et à l’identique, ces ouvrages sélectionnés parmi les titres les plus consultés de Gallica, pourront être commandés et livrés en librairie. Le site web www.hachettebnf.fr, en service depuis fin juin, permet des recherches par thématiques parmi les références disponibles et offre la possibilité de visualiser un extrait de chaque ouvrage avant d’en commander un exemplaire chez le libraire de son choix. Les prix varient entre 6 et 40 euros et les délais de livraison sont identiques aux livres imprimés classiques, la technologie de l’impression à la demande permettant une impression en quelques heures. 40 000 titres sont actuellement disponibles et l’objectif des 65 000 titres devrait être atteint dans quelques mois.

Réseaux sociaux et vie réelle

Reseaux sociaux  L’étude de Pew Research Center publiée au début de juin bat en brèche l’idée reçue que les réseaux sociaux isolent les personnes dans la vie réelle. Au contraire, les personnes qui utilisent des sites comme Facebook ont en fait des relations sociales plus développées et sont plus impliqués dans des activités civiques et politiques.

Plus on fréquente Facebook, plus on fait confiance aux autres

Les sociologues du Pew Research Center ont interrogé 2.255 adultes sur leur utilisation de réseaux sociaux comme Facebook, MySpace, LinkedIn et Twitter. Elle indique aussi que plus on fréquente Facebook, plus on fait confiance aux autres, un critère retenu par les chercheurs pour mesurer les relations sociales dans la vie réelle. L’enquête souligne également que les utilisateurs de Facebook se sont davantage impliqués dans les élections américaines de mi-mandat, en novembre dernier. Ils sont deux fois et demi plus nombreux que les autres à avoir participé à une réunion politique, 43% plus nombreux à avoir dit qu’ils iraient voter.

Pas plus de 300 amis

Ces résultats sont à mettre en perspective avec une  autre étude d’une équipe d’informaticiens et de mathématiciens de l’université de l’Indiana publiée en 2011. En analysant les comptes twitter de plus de 3 millions d’utilisateurs, cette étude  a déterminé  qu’une personne dépasse très rarement les « 300 « amis ». Un nombre qui concorde aux travaux de l’anthropologue Robin Dunbar. Au début des années 1990, alors qu’il étudiait l’organisation sociale chez les primates, Robin Dunbar avait théorisé que la taille de leur néocortex induisait une limite au nombre d’individus composant un groupe « efficace ». En extrapolant ses données pour les appliquer aux humains, il était parvenu à la conclusion qu’au-delà de 150 individus, le temps et les capacités intellectuelles mobilisées pour entretenir des relations sociales devenait trop important pour maintenir la cohésion du groupe.

Des résultats en partie corroborés par la recherche ethnographique, sociologique et historique, selon Dunbar : les villages du néolithique, tout comme les unités de l’armée romaine, se composaient de 150 personnes. Au-delà de ce nombre, estime l’anthropologue, le temps dévolu par chaque individu à l’entretien des relations sociales devient trop important, et perturbe l’organisation du groupe.

Cependant Robin Dunbar, le chiffre de 150 personnes est soumis à caution : dérivé d’observations empiriques sur des primates, il ne s’appuie pas sur des observations à grande échelle de populations humaines. D’autres chercheurs, et notamment Russell Bernard et Peter Killworth, sont arrivés à des chiffres proches de 300 en s’appuyant sur d’autres types d’observations.

Les conclusions d’une étude menée par une équipe d’informaticiens et de mathématiciens de l’université de l’Indiana tendent à donner raison à M. Dunbar. En croisant les données mises à disposition par le réseau social Twitter, l’équipe est parvenue à la conclusion que la limite du réseau d’une personne se situait entre 100 et 200 relations. Pour parvenir à ce résultat, l’équipe a modélisé le nombre d’échanges entre les membres du réseau social et leur réciprocité pour tenter d’isoler l’existence de liens privilégiés entre deux personnes.

Sur Twitter, un utilisateur voit typiquement son nombre de « followers », ou personnes qui le suivent, croître avec le temps. Mais le nombre de relations réciproques – avec échanges de messages dans les deux sens – « sature entre 200 et 300, même lorsque le nombre de connexions entrantes [les followers auxquels l’utilisateur ne répond pas] continue d’augmenter », note l’équipe. « Au-delà de ce point, l’utilisateur peut répondre à de nouvelles sollicitations, mais à un rythme beaucoup plus faible ».

Mais avant même d’atteindre ce point de saturation, le modèle de l’université de l’Indiana montre l’existence d’un plateau, entre 150 et 200 contacts, au-delà duquel « l’augmentation du nombre de contacts fait qu’un individu ne peut plus accorder autant d’attention à chaque contact qu’auparavant ». Un chiffre à rapprocher du nombre « d’amis » moyen d’un utilisateur de Facebook, qui est de 130, suggérant que la constante de Dunbar serait supérieure à 130.

Faute de temps, et de capacité à accorder son attention à un trop grand nombre de sollicitations, un utilisateur de réseau social ne peut donc maintenir des relations « de qualité » qu’avec un nombre de personnes inférieur à 200. Ces résultats « tendent à confirmer l’hypothèse de Dunbar, selon laquelle il existe une limite biologique au nombre de relations sociales », notent les chercheurs, pour qui les réseaux sociaux facilitent certes les rapports humains, mais ne changent pas fondamentalement les limites inscrites en chacun de nous. « Les sites de microblogging comme les autres outils de communication en ligne sont comparables à une calculatrice : un outil qui nous fait gagner du temps pour effectuer des calculs simples, mais n’améliore pas nos capacités à l’abstraction mathématique ».

Handicap et communication

L’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES) publie une série de guides destinés entre autres aux professionnels de la communication, afin de les aider à améliorer la transmission d’information aux personnes ayant un handicap visuel ou auditif. Ces guides («Informer les personnes sourdes ou malentendantes», «Informer les personnes aveugles ou malvoyantes») permettent «de partager, avec les professionnels concernés, les bonnes pratiques en matière de conception et de diffusion de l’information et de favoriser l’égalité d’accès à l’information», explique l’INPES. Des conseils pratiques tels que l’utilisation du contraste, de pictogrammes ou la simplification des textes y sont dispensés. En France, selon l’INPES, une personne sur dix est confrontée à ces handicaps.

http://www.inpes.sante.fr/

La communication permet-elle mieux de comprendre ?

medias1  Attirer, influencer, convaincre, persuader, séduire, sensibiliser telles pourraient être les finalités naturelles de l’action de communiquer. Mais est ce que la communication permet de mieux comprendre et par là-même enrichir notre sens critique ? Cette question devient centrale quand la communication ne s’adresse plus spécifiquement au consommateur mais au citoyen.

Médias et cohésion sociale

L’originalité de notre société réside ainsi dans l’utilisation des médias et de la technologie pour obtenir la cohésion sociale. Herbert Marcuse considère ainsi que  la société unidimensionnelle qui se  satisfait ainsi des désirs qu’elle a elle-même suscités et calibrés de manière fonctionnelle transfert de l’esprit des individus à l’ordre même des choses, qui pense, sent et imagine à leur place, et leur dicte ce qu’ils doivent vouloir et désirer, en rapport avec une certaine exigence de confort qui est devenue la fin vers laquelle tend la vie sociale dans son ensemble.

« Si les individus sont satisfaits, s’ils sont heureux grâce aux marchandises et aux services que l’administration met à leur disposition, pourquoi chercheraient-ils à obtenir des institutions différentes, un production différente de marchandises et de services ? Et si les individus qui sont au préalable conditionnés dans ce sens s’attendent à trouver, parmi les marchandises satisfaisantes, des pensées, des sentiments et des aspirations, pourquoi désireraient-ils penser, sentir et imaginer par eux-mêmes ? »H. Marcuse, L’homme unidimensionnel (1964), trad. fr., Paris, Minuit, 1968, p. 75

Négociation et communication publique

Pour autant, la démocratie est fondée sur la liberté de communiquer, fondée sur la confrontation des intérêts, l’argumentation et la négociation. C’est sur ce postulat que la communication publique doit être envisagée, mais également par tout organisme faisant la promotion de thématiques d’intérêt général (santé, justice, énergies, social…).

L’article 1er de la Charte des communicants publics, adoptée en 2002,  constate que « devant le déploiement croissant de la société de l’information, la communication publique s’affirme aujourd’hui comme une nécessité incontournable des institutions et états démocratiques. De ce point de vue, elle s’apparente, non à un simple outil technique de mise en forme des politiques publiques, mais à une démarche globale inscrite dans l’exercice même de la gouvernance publique ».

Construction de sens et mise en commun

Pour éviter de réduire la communication à l’une de ses composantes (médias, publicité…) est de faire de celle-ci une activité de compréhension, qui se caractérise par un ensemble de processus contribuant à la construction d’une représentation mentale. La compréhension fait appel à un ensemble de traitements cognitifs permettant d’établir la cohérence, ainsi qu’à la capacité d’interprétation. Les processus métacognitifs, c’est à dire l’aptitude à réfléchir sur ses propres processus cognitifs et à les contrôler constituent une composante à part entière.  La communication ne doit pas réaliser la compréhension totale et réciproque ; elle ne peut que parfois réduire l’incompréhension, confronter les confrontations et participer aux négociations. La communication n’est pas une solution, mais c’est une construction du sens qui doit être entendue selon l’étymologie du mot latin communicare, qui signifie au sens propre « mettre en commun ».

L’événement, toute une histoire

L’événement possède plusieurs fonctions : l’information, la connaissance, l’explication et la compréhension. Il est un média spécifique par la multiplicité des acteurs impliqués et la diversité des objectifs auxquels il répond : statutaire (assemblée générale), interne, culturel, scientifique, sportive,  festif, économique (pour financer une association par exemple), promotion d’un produit

Ainsi une classification des évènements fondée sur le public ciblé a été proposée par Sneath, Finney et Close (2005). Les conventions d’entreprises, les séminaires, les journées de formation ou autres rencontres seront généralement mobilisés lorsqu’il s’agit de créer un évènement interne à l’entreprise. D’un autre côté, les assemblées générales, les congrès, les symposiums, les rencontres d’affaires,  roadshow, les salons et les foires ont des publics spécifiques et ciblés, tandis que les anniversaires, soirées, inaugurations, animations commerciales, tournées promotionnelles, street marketing,  journées portes ouvertes, évènements historiques, sportifs ou culturels viseront davantage le grand public. Mais, quelle que soit l’ampleur du public de l’évènement, qu’il s’adresse à 50 ou à 50 000 personnes, sa fonction première consiste à délivrer et à transmettre un ou des messages déterminés à un auditoire choisi. Plus que tout autre média, l’événement exprime en effet un processus identitaire pour soi et pour autrui.

Pourquoi et comment une manifestation devient un évènement ?

 Afin de devenir un évènement,  la manifestation, doit être notable, dotée d’un supplément de sens et valoriser la personne qui y participe. Le spectateur devient acteur dans un moment actif de partage. La manifestation créée ou recréée du lien social et par ce fait même devient événement. L’évènement est porteur de nouveauté, de surprise ; il capte l’attention publique car il se détache de la banalité quotidienne par son côté extra-ordinaire. L’évènement n’existe que si l’on en parle avant, pendant et après. Son succès est confirmé lorsqu’il est un marqueur temporel positif pour les participants, tant dans l’acquisition du savoir que dans la participation à un moment collectif privilégié.

Figures de style

Figures de mots
Figure de sens
Figures de construction
Figures de pensée

Figures de mot, jeu sur le signifiant

Les figures de mots jouent sur le signifiant en prenant en compte le mot sur le plan purement phonétique et visuel. Ces figures ont pour effet d’attirer l’œil ou l’oreille sur un mot, une phrase. Elles favorisent l’attention et la mémorisation. On compte sept figures qui ont pour objet la sonorité.

  • l’allitération (répétition de consonnes ayant des sons identiques)
  • l’assonance : répétition de sons vocaliques
  • l’écho sonore  : répétition de sons reliant musicalement deux groupes de mots, de vers…
  • l’harmonie imitative  : utilisation des mots pur reproduire des bruits, le son d’une scène
  • l’hiatus : rencontre entre une voyelle de fin de mot et une voyelle de début de mot
  • l’homéotéleute : utile pour la conception de slogan, c’est une sorte de rime à l’intérieur d’une même phrase « du pain, du vin, du boursin »
  • la paronomase : rapprochement de mots qui se ressemblent d’un point de vue sonore « veni, vidi, vici » de Jules César, « je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu ». La présence de l’asyndète comme autre figure de style (annihilation de tout lien de causalité ou de temporalité dans la phrase) confère à la phrase une qualité quasi divine.

Les jeux de mots sont certainement les figures de mots les plus connus.

  • l’anagramme : composition d’un mot à partir des lettres d’un autre mot « aimer marie »
  • la contrepèterie : interversion des lettres ou des syllabes de deux mots pour créer un nouveau sens « à fleur de peau, à peur de flots »
  • l’ixolexisme : utilisation dans une phrase de plusieurs mots ayant le même radical « des hommes intègres poursuivaient intégralement la désintégration progressive de la matière vivante désemparées » Jacques Prévert, in la Pluie et le Beau Temps
  • le lipogramme : la non utilisation d’une lettre précise dans un texte. Georges Perec a écrit La Disparition sans utiliser la lettre « e ».

La modification et création de mot est également source infini de renouvellement de la figure de mots.

  • l’archaïsme est l’utilisation d’un mot ancien n’ayant lus cours. On a ainsi observer l’utilisation du mot maille petite monnaie de cuivre, qui valait ½ denier)  dans des chansons de rap
  • la lexicalisation : substantivation d’un mot ou d’un groupe de mots, ex » je est un autre » (correspondance de Rimbaud à Paul Demeny)
  • le métaplasme : il regroupe toutes les figures où il y a une altération d’un mot ou ajout d’une lettre ou syllabe d. aphérèse = »M’dame »,  apocope  (phonème supprimé en fin de mot, syncope, suppression au milieu du mot, epenthèse= »Merdre ! » Albert Jarry dans le Roi Ubu), prosthèse, ajout au début du mot,
  • la gémination= »fifille », étirement du phonème d’un mot
  • le mot forgé, création d’un nouveau mot fondé sur aucune racine existante
  • le mot-valise, contraction de deux mots « ennuiverselles », « flexicurité », « vidéocratie »
  • le néologisme : nouveau mot sur la base d’une racine lexicale existante, Utilisation du mot « bravitude » par Ségolène Royal
  • le périgrinisme : utilisation à certains aspects d’une langue étrangère

Figures de sens, le signifiant détourné

Les figures de sens sont également des tropes, un terme grec qui signifie étymologiquement détour, conversion. Or, c’est précisément de cela qu’il s’agit : les tropes ou figures de style opère un transfert sémantique sur les mots ou groupes de mots. Elles substituent à leur sens littéral un sens figuré grâce à des figures de contiguïté, des figures de l’association et des figures du double sens.

Dans les figures de contiguïté, le transfert est opéré par l’utilisation d’une chose, d’une idée qui en représente une autre et avec laquelle elle entretient un rapport.

  • l’antonomase : utilisation d’un nom propre comme nom commun (ex Don Juan ou Casanova) et inversement
  • l’hypallage : une hypallage permet de qualifier un mot alors que cette qualification se rapporte logiquement à un autre mot dans la phrase
  • la métalepse : désignation d’une chose par une autre par une relation d’analogie
  • la métonymie : substitution d’un élément par un autre élément appartenant au même ensemble logique, « boire un verre », « manger son assiette ». Dans l’éducation sentimentale,  Gustave Flaubert utilise cette figure pour décrire un embouteillage sur les Champs Élysées en décrivant les personnages seulement la l’énumération des parties du visages « […] des sourires de dénigrement répondaient aux ports de tête orgueilleux ; des bouches ouvertes exprimaient des admiration imbéciles »
  • la périphrase : cette figure remplace un mot par une expression qui le décrit « le roi des animaux », « la langue de Shakespeare », « la langue de Molière ». Dans les Précieuses Ridicules, Molière utilise cette figure pour se moquer du style ampoulé utilisé. Les fauteuils deviennent ainsi les commodités de la conservation.
  • la synecdoque (cas particulier de la métonymie) : substitution d’un mot par un autre ayant une relation d’inclusion avec celui-ci. ex : « quitter ses murs », « Paris a gagné le match » (l’équipe de Paris a gagné)

Les figures de l’association introduisent une rupture d’isotopie, c’est à dire l’introduction de deux idées ou choses ayant a priori rien à voir. L’objectif est de de donner une expression plus forte, plus expressive.

  • l’allégorie : représentation d’une idée sous une forme matérielle et vivante, « un orage terrible aux yeux des matelots, c’est Neptune en courroux qui gourmande les flots » Nicolas Boileua, in L’Art poétique (chant III)l
  • l’apposition ou épithétisme : qualification d’un terme en lui rattachant d’autres mots ou groupes de mots placés à sa suite.
  • la comparaison : mise en miroir de deux éléments, « tes yeux sont bleus comme le ciel »
  • la compensation : modification de lla connotation d’un mot ou groupe de mots, apportant un mot portant une connotation contraire. Prévert dans le poème J’attends (in la Pluie et le Beau Temps) met dans la bouche d’une femme trahie par son mari les vers suivants : J’attends le doux veuvage, j’attends le deuil heureux »
  • les correspondances : liens d’analogie entre deux éléments de registres sensoriels différents. Introduit en France par Baudelaire, cette figure se fonde sur la synesthésie (relation entre deux sens différents, un son qui correspond à une couleur par exemple). « Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants, doux comme le hautbois, verts comme des prairies », Charles Baudelaire, « Correspondances », in Les Fleurs du mal
  • la métaphore : assimilation entre un comparé et un comparant qui sont rapprochés sans outils de comparaison.
    Une métaphore filée est développée et poursuivie sur plusieurs mots, « Bergère ô tour Eiffel le troupeau des ponts bêle ce matin » (Guillaume Apollinaire, « Zone », in Alcools). Dans la métaphore dite in praesentia, le comparé est présent « et tes mains, feuilles de l’automne ». Dans la métaphore in absentia, il ne figure que le comparant, introduisant ainsi une forme d’énigme « sous les pavés, la plage »
  • l’oxymore ou oxymoron : rapprochement syntaxique de deux termes qui s’opposent normalement, « une obscure clarté »

Les figures du double sens ont pour objet la polysémie, jouant sur l’ambiguïté du langage pour proposer un sens nouveau.

  • le calembour : utilisation de l’équivalence phonique de mots pour les rapprocher de manière sémantique, ‘il n’y a que Maille qui m’aille », »de deux choses lune, l’autre c’est le soleil » (Jacques Prévert, le Paysage changeur, in Paroles), « les miroirs feraient bien de réfléchir un peu avant de renvoyer les images » (Jean Cocteau, in Essai de critique indirecte)
  • la diaphore : répétition d’un mot ou groupe de mots. On parle d’antanaclase, quand le procédé est utilisé dans un dialogue « le coeur a ses raisons que la raison ne connait pas ; on le sait en mille choses » (Blaise Pascal, in Pensées, IV, 227)
  •  l’omnymie : utilisation d’homonymes, « ces nuits t’en souvient-il Me souvenir me nuit » (Louis Aragon, Nuit d’exil, in les Yeux d’Elsa
  •  la métanalyse : utilisation de l’ambiguïté de l’énonciation d’un mot ou d’un groupe de mots. Dans les Femmes savantes de Molière, Bélise reproche à sa servante Martine « d’offenser la grammaire ». Martine répond par « qui parle d’offenser grand’ mère ni grand-père ? »
  •  la syllepse de nombre ou de genre : utilisation d’un accord en-dehors des règles grammaticales

Les figures de construction ou l’agencement du discours

Les figures de construction structurent la phrase, voire celle du discours.

Les figures de la symétrie ou de l’opposition mettent en regard deux réalités, deux idées pour les opposer, les comparer, leur donner plus de force.

  •  l’antithèse : mise en regard de deux réalités comme dans la fable le chêne et le roseau de Jean de la Fontaine qui oppose la force et la faiblesse « l’arbre tient bon, le roseau plie. »
  •  le balancement ou hypozeuxe : deux membres d’une phrases ou deux phrases successives sont mis en parallèle par une relation de symétrie grammaticale.
  •   le chiasme : relation symétrie inversée de deux membres d’une phrase selon le schéma ABBA ou ABB’A’, « ce n’est pas l’Etat qui appartient au Prince, c’est le Prince qui appartient à l’Etat (Denis Diderot, article « autorité politique », in Encyclopédie
  •  le miroir : subordination de deux termes identiques proches lexicalement, « Si tant d’hommes rêvaient alors de Marilyn Monroe, c’était parce que tant d’autres hommes rêvaient de Marilyn Monroe (Romain Gary, in Au-delà de cette limite votre ticket n’est plus valable. Dans le miroir inversé, le second terme est l’inverse du premier « il n’y a point de mal dont il ne naisse un bien » (Voltaire, in Zadig)
  •  la reprise : utilisation répétée d’une même tournure de phrase, « Sin me presse de dire pourquoi je l’aimais, je sens que cela ne peut s’exprimer qu’en répondant : «  Parce que c’était lui, parce que c’était moi « . »

Dans le cas de la figure de répétition, le discours est construit en s’appuyant sur une redite plus ou moins importante.

  •   l’anaphore : répétition d’un même mot ou groupe de mots répété plusieurs fois en début de phrase ou de vers. Dans le texte « J’accuse », Emile Zola utilise ce mot au début de chaque début de paragraphe du texte. Plus récemment lors de la campagne présidentielle utilise cette figure de style lors d’une prestation télévisuelle, en répétant « moi président »
  •  l’antépériphore : répétition de mot ou groupes de mot en début et en fin de phrase
  • l’épanadiplose : le membre de phrase se finit par le mot qui avait commencé le membre de phrase précédent
  •  l’épanalepse : répétition d’un mot, groupe de mots, voire une phrase entière
  •  l’épiphore : répétition d’un mot ou groupe de mots en fin de phrase
  • l’inclusion : texte commençant et finissant par le même mot
  •   la réduplication : répétition de mots placés côte à côte
  •   la répétition : mot repris plusieurs fois dans un texte

Les figures d’accumulation introduisent un trop plein d’informations pour amplifier les propos

  •  l’accumulation : un grand nombre de mots ou groupes  de mots sont accumulés ayant la même fonction avec pour seul objectif d’amplifier le propos, « le plus extraordinaire, le plus exceptionnel, le plus incroyable.. »
  •  l’énumération : énonciation de différents composants d’un tout à la suite
  •  l’épitrochasme : accumulation  de termes brefs placés syntaxiquement sur le même plan, « il presse, il supplie, il conjure… »
  • le pléonasme : qualifier un mot ou groupe de mot à l’ai d’un élément qui n’apporte pas de sens supplémentaire. Employé sciemment, il peut être utilisé comme figure pour appuyer les propos.
  •  le polysyndète : répétition d’un lien de coordination
  • la redondance : caractérisation de quelque chose de manière superflue
  •  le ressassement : répétition exagérée d’un mot
  • la tautologie : expression d’une même chose alors que l’on paraît dire deux choses différentes

Les figures de disposition et motifs permettent par l’agence ment particulier des phrases d’appuyer formellement le propos.

  •  l’anadiplose : reprise au début de la phrase d’un mot de la phrase suivante, « avec la mer du Nord pour dernier terrain vague. Et des vagues de dunes pour arrêter les vagues. Et des vagues rochers que des marées dépassent. Et qui ont à jamais le cœur à  marée basse », Jacques Brel, Le plat pays. Dans cet extrait, on utilise une concaténation car on utilise l’anadiplose plusieurs fois.
  •  l’antimétabole : suite de deux phrases dont la seconde reprend les mêmes mots mais pas dans le même ordre syntaxique, « Où je tu m’a embrassé. Où je t’ai embrassé »
  •  l’attelage : association syntaxique d’un terme concret avec un terme abstrait, « vêtu de probité candide et de lin blanc »
  • la disjonction : non répétition d’un terme ont dépendent plusieurs autres
  • l’enjambement : figure propre à la poésie permet de poursuivre dans un vers la phrase entamée dans le vers précédent
  •  l’épanode ou régression : reprise et explicitation des mots énoncés en début de phrase
  • l’érosion : répétition d’un groupe de mots duquel on retranche un mot à chaque fois. Dans le sens contraire, la figure est appelée alluvion
  •  la gradation ou climax : suite de mots dont l’intensité croît ; va cours, vole et nous venge », Pierre Corneille, in Le Cid
  •  l’hypotaxe : construction de phrases avec des liens de subordination
  •  la mise en abyme : procédé en forme de poupées russe qui consiste à répéter un élément à l’intérieur d’un autre qui lui est similaire, et ainsi de suite
  •  la paratase : juxtaposition de phases et segments de phrases
  • le réamorçage : répétition à l’identique ou légèrement modifié d’un mot ou groupe de mots avec entre un lien syntaxique
  •  la sériation : énumération d’un certains nombres d’éléments classés entre eux par groupes
  • le zeugma ou zeugme : liaison syntaxique de mots ou groupes de mots grâce à la subordination d’un même mot (souvent un verbe)

Les figures déstructuration produisent un effet de surprise en désarticulant uns phrase, en rompant avec la construction classique de la langue, en inversant les mots ou en intercalant d’autres.

  • l’anacoluthe : Rupture dans la construction syntaxique d’une phrase, « Qui voudra connaîte à plein la vanité de l’homme n’a qu’à considérer les causes et les effets de l’amour. Le nez de Cléopâtre : s’il eut été plus court, toute la face de la terre aurait changé », Baise Pascal, in Pensées (II, 162)
  •  l’asyndète : omission volontaire le lien entre phrases, membres de phrases ou mots
  • la dislocation : mise en exergue d’un mot ou groupe de phrases
  •  l’ellipse : omission d’un déterminants de la phrase
  • l’enchâssement : intercalation d’une phrase entière au milieu d’une phrase ou d’un groupe de mots
  •  l’hendiadyn : il coordonne deux éléments auxquels il donne syntaxiquement une place équivalente, là où il serait attendu que l’un serait subordonné à l’autre sans avoir la même fonction syntaxique
  •  l’hyperbate : ajout d’un mot ou groupe de mot à la fin d’une phrase qui paraissait close
  • l’inversion : renversement de l’ordre classique des termes d’une phrase   , « Sous le pont Mirabeau coule la Seine. Et nos amours. Faut-il qu’il m’en souvienne venait toujours après la peine. Vienne la nuit sonne l’heure. Les jours s’en vont je demeure. Les mains dans les mains restons face à face. Tandis que sous Le pont de nos bras passe. Des éternels regards l’onde si lasse », Guillaume Apollinaire, « Le Pont Mirabeau », in Alcools
  •  le rejet : membre d’une phrase, groupe de mots mis en fin de phrase
  •  la tmèse : division d’un mot composé d’un groupe de mots indissociables, « apprenons l’art, mon cœur, d’aimer sans espérance », Jean de Rotrou, in Venceslas

Figures de pensée, rapports des idées et du discours

Les figures de pensée concernent le discours en lui-même ; elles soulignent les rapports des idées entre elles et les rapports du discours avec son sujet (le narrateur) d’une part, son objet et le traitement qu’il en fait d’autre part.

Les figures d’intensité amplifient ou atténuent le discours.

  •  l’emphase : utilisation d’un ton d’une solennité exagéré
  •  l’euphémisme : il atténue une expression qui pourrait choquée, par exemple dire il a vécu au lieu de l’expression il est mort
  •  l’exténuation : elle confère à un propos une expression plus neutre ou anodine
  • l’hyperbole : exagération d’un propos, poussée à l’extrême cette figure de style est appelée adynaton
  • la litote : dire peu pour suggérer beaucoup, « va, je te hais point », Pierre Corneille, in Le Cid (acte III, scène 4)

Certaines figures restituent une image visuelle pour rendre plus vivant le discours.

  •  l’hypotypose : description vivante d’un personnage, d’un lieu
  •  l’interrogation oratoire : c’est une fausse interrogation
  •  la personnification : représentation d’un objet ou une idée comme un être humain
  •  la prosopopée : on fait agir et parler une personne absente, un objet ou une chose personnifiée

Les figures d’énonciation mettent en exergue les relations du narrateur à l’objet de son propos et la manière qu’il a de l’aborder.

  • l’analepse : récit d’une action passée (un flash-back). La prolepse est le contraire de l’analepse (récit d’une situation anticipée)
  • l’aposiopèse : interruption dans le déroulement syntaxique du propos (par des points de suspension) pour donner sens à la situation de celui qui énonce
  • l’apostrophe : interpellation directe d’une personne, d’une entité
  • l’épanorthose : procédé d’autocorrection pour y apporter des nuances. Si les nuances apportent un éclaircissement au discours, on parle alors d’expolition
  • l’épiphrase : insertion dans le discours d’une phrase ou segment de phrase pour dévoiler le ressenti de son auteur. L’insertion est signalée par des tirets
  • la parenthèse ou parembole : ajout d’un segment dissocié du reste de la phrase, signalé par des parenthèses ou virgules

Les figures de dialectique concernent la relation que le narrateur met en place avec le lecteur, l’auditeur dans le but de la surprendre, le convaincre, l’influencer.

  • l’antiphrase : utilisation d’un mot dans un sens contraire à son emploi courant
  • le chleuasme : forme d’autodérision pour essayer de réfuter implicitement les propos de son interlocuteur
  • l’ironie : dire une chose tout en indiquant son contraire
  • la prétérition : dire qu’on va ne pas parler de ce dont précisément on est en train de parler
  • la substitution : elle provoque un effet de surprise fondé sur l’utilisation d’une formule ou d’une formulation attendue, « les vieux ne parlent plus ou alors seulement parfois au bout des yeux. », Jacques Brel, « Les vieux »