Réseaux sociaux et vie réelle

Reseaux sociaux  L’étude de Pew Research Center publiée au début de juin bat en brèche l’idée reçue que les réseaux sociaux isolent les personnes dans la vie réelle. Au contraire, les personnes qui utilisent des sites comme Facebook ont en fait des relations sociales plus développées et sont plus impliqués dans des activités civiques et politiques.

Plus on fréquente Facebook, plus on fait confiance aux autres

Les sociologues du Pew Research Center ont interrogé 2.255 adultes sur leur utilisation de réseaux sociaux comme Facebook, MySpace, LinkedIn et Twitter. Elle indique aussi que plus on fréquente Facebook, plus on fait confiance aux autres, un critère retenu par les chercheurs pour mesurer les relations sociales dans la vie réelle. L’enquête souligne également que les utilisateurs de Facebook se sont davantage impliqués dans les élections américaines de mi-mandat, en novembre dernier. Ils sont deux fois et demi plus nombreux que les autres à avoir participé à une réunion politique, 43% plus nombreux à avoir dit qu’ils iraient voter.

Pas plus de 300 amis

Ces résultats sont à mettre en perspective avec une  autre étude d’une équipe d’informaticiens et de mathématiciens de l’université de l’Indiana publiée en 2011. En analysant les comptes twitter de plus de 3 millions d’utilisateurs, cette étude  a déterminé  qu’une personne dépasse très rarement les « 300 « amis ». Un nombre qui concorde aux travaux de l’anthropologue Robin Dunbar. Au début des années 1990, alors qu’il étudiait l’organisation sociale chez les primates, Robin Dunbar avait théorisé que la taille de leur néocortex induisait une limite au nombre d’individus composant un groupe « efficace ». En extrapolant ses données pour les appliquer aux humains, il était parvenu à la conclusion qu’au-delà de 150 individus, le temps et les capacités intellectuelles mobilisées pour entretenir des relations sociales devenait trop important pour maintenir la cohésion du groupe.

Des résultats en partie corroborés par la recherche ethnographique, sociologique et historique, selon Dunbar : les villages du néolithique, tout comme les unités de l’armée romaine, se composaient de 150 personnes. Au-delà de ce nombre, estime l’anthropologue, le temps dévolu par chaque individu à l’entretien des relations sociales devient trop important, et perturbe l’organisation du groupe.

Cependant Robin Dunbar, le chiffre de 150 personnes est soumis à caution : dérivé d’observations empiriques sur des primates, il ne s’appuie pas sur des observations à grande échelle de populations humaines. D’autres chercheurs, et notamment Russell Bernard et Peter Killworth, sont arrivés à des chiffres proches de 300 en s’appuyant sur d’autres types d’observations.

Les conclusions d’une étude menée par une équipe d’informaticiens et de mathématiciens de l’université de l’Indiana tendent à donner raison à M. Dunbar. En croisant les données mises à disposition par le réseau social Twitter, l’équipe est parvenue à la conclusion que la limite du réseau d’une personne se situait entre 100 et 200 relations. Pour parvenir à ce résultat, l’équipe a modélisé le nombre d’échanges entre les membres du réseau social et leur réciprocité pour tenter d’isoler l’existence de liens privilégiés entre deux personnes.

Sur Twitter, un utilisateur voit typiquement son nombre de « followers », ou personnes qui le suivent, croître avec le temps. Mais le nombre de relations réciproques – avec échanges de messages dans les deux sens – « sature entre 200 et 300, même lorsque le nombre de connexions entrantes [les followers auxquels l’utilisateur ne répond pas] continue d’augmenter », note l’équipe. « Au-delà de ce point, l’utilisateur peut répondre à de nouvelles sollicitations, mais à un rythme beaucoup plus faible ».

Mais avant même d’atteindre ce point de saturation, le modèle de l’université de l’Indiana montre l’existence d’un plateau, entre 150 et 200 contacts, au-delà duquel « l’augmentation du nombre de contacts fait qu’un individu ne peut plus accorder autant d’attention à chaque contact qu’auparavant ». Un chiffre à rapprocher du nombre « d’amis » moyen d’un utilisateur de Facebook, qui est de 130, suggérant que la constante de Dunbar serait supérieure à 130.

Faute de temps, et de capacité à accorder son attention à un trop grand nombre de sollicitations, un utilisateur de réseau social ne peut donc maintenir des relations « de qualité » qu’avec un nombre de personnes inférieur à 200. Ces résultats « tendent à confirmer l’hypothèse de Dunbar, selon laquelle il existe une limite biologique au nombre de relations sociales », notent les chercheurs, pour qui les réseaux sociaux facilitent certes les rapports humains, mais ne changent pas fondamentalement les limites inscrites en chacun de nous. « Les sites de microblogging comme les autres outils de communication en ligne sont comparables à une calculatrice : un outil qui nous fait gagner du temps pour effectuer des calculs simples, mais n’améliore pas nos capacités à l’abstraction mathématique ».

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La communication permet-elle mieux de comprendre ?

medias1  Attirer, influencer, convaincre, persuader, séduire, sensibiliser telles pourraient être les finalités naturelles de l’action de communiquer. Mais est ce que la communication permet de mieux comprendre et par là-même enrichir notre sens critique ? Cette question devient centrale quand la communication ne s’adresse plus spécifiquement au consommateur mais au citoyen.

Médias et cohésion sociale

L’originalité de notre société réside ainsi dans l’utilisation des médias et de la technologie pour obtenir la cohésion sociale. Herbert Marcuse considère ainsi que  la société unidimensionnelle qui se  satisfait ainsi des désirs qu’elle a elle-même suscités et calibrés de manière fonctionnelle transfert de l’esprit des individus à l’ordre même des choses, qui pense, sent et imagine à leur place, et leur dicte ce qu’ils doivent vouloir et désirer, en rapport avec une certaine exigence de confort qui est devenue la fin vers laquelle tend la vie sociale dans son ensemble.

« Si les individus sont satisfaits, s’ils sont heureux grâce aux marchandises et aux services que l’administration met à leur disposition, pourquoi chercheraient-ils à obtenir des institutions différentes, un production différente de marchandises et de services ? Et si les individus qui sont au préalable conditionnés dans ce sens s’attendent à trouver, parmi les marchandises satisfaisantes, des pensées, des sentiments et des aspirations, pourquoi désireraient-ils penser, sentir et imaginer par eux-mêmes ? »H. Marcuse, L’homme unidimensionnel (1964), trad. fr., Paris, Minuit, 1968, p. 75

Négociation et communication publique

Pour autant, la démocratie est fondée sur la liberté de communiquer, fondée sur la confrontation des intérêts, l’argumentation et la négociation. C’est sur ce postulat que la communication publique doit être envisagée, mais également par tout organisme faisant la promotion de thématiques d’intérêt général (santé, justice, énergies, social…).

L’article 1er de la Charte des communicants publics, adoptée en 2002,  constate que « devant le déploiement croissant de la société de l’information, la communication publique s’affirme aujourd’hui comme une nécessité incontournable des institutions et états démocratiques. De ce point de vue, elle s’apparente, non à un simple outil technique de mise en forme des politiques publiques, mais à une démarche globale inscrite dans l’exercice même de la gouvernance publique ».

Construction de sens et mise en commun

Pour éviter de réduire la communication à l’une de ses composantes (médias, publicité…) est de faire de celle-ci une activité de compréhension, qui se caractérise par un ensemble de processus contribuant à la construction d’une représentation mentale. La compréhension fait appel à un ensemble de traitements cognitifs permettant d’établir la cohérence, ainsi qu’à la capacité d’interprétation. Les processus métacognitifs, c’est à dire l’aptitude à réfléchir sur ses propres processus cognitifs et à les contrôler constituent une composante à part entière.  La communication ne doit pas réaliser la compréhension totale et réciproque ; elle ne peut que parfois réduire l’incompréhension, confronter les confrontations et participer aux négociations. La communication n’est pas une solution, mais c’est une construction du sens qui doit être entendue selon l’étymologie du mot latin communicare, qui signifie au sens propre « mettre en commun ».

L’événement, toute une histoire

L’événement possède plusieurs fonctions : l’information, la connaissance, l’explication et la compréhension. Il est un média spécifique par la multiplicité des acteurs impliqués et la diversité des objectifs auxquels il répond : statutaire (assemblée générale), interne, culturel, scientifique, sportive,  festif, économique (pour financer une association par exemple), promotion d’un produit

Ainsi une classification des évènements fondée sur le public ciblé a été proposée par Sneath, Finney et Close (2005). Les conventions d’entreprises, les séminaires, les journées de formation ou autres rencontres seront généralement mobilisés lorsqu’il s’agit de créer un évènement interne à l’entreprise. D’un autre côté, les assemblées générales, les congrès, les symposiums, les rencontres d’affaires,  roadshow, les salons et les foires ont des publics spécifiques et ciblés, tandis que les anniversaires, soirées, inaugurations, animations commerciales, tournées promotionnelles, street marketing,  journées portes ouvertes, évènements historiques, sportifs ou culturels viseront davantage le grand public. Mais, quelle que soit l’ampleur du public de l’évènement, qu’il s’adresse à 50 ou à 50 000 personnes, sa fonction première consiste à délivrer et à transmettre un ou des messages déterminés à un auditoire choisi. Plus que tout autre média, l’événement exprime en effet un processus identitaire pour soi et pour autrui.

Pourquoi et comment une manifestation devient un évènement ?

 Afin de devenir un évènement,  la manifestation, doit être notable, dotée d’un supplément de sens et valoriser la personne qui y participe. Le spectateur devient acteur dans un moment actif de partage. La manifestation créée ou recréée du lien social et par ce fait même devient événement. L’évènement est porteur de nouveauté, de surprise ; il capte l’attention publique car il se détache de la banalité quotidienne par son côté extra-ordinaire. L’évènement n’existe que si l’on en parle avant, pendant et après. Son succès est confirmé lorsqu’il est un marqueur temporel positif pour les participants, tant dans l’acquisition du savoir que dans la participation à un moment collectif privilégié.

La communication sensible se dévoile

Le domaine de la communication sensible fait l’objet d’études croissantes.  Quatre composantes forment son ossature :  la communication de crise , la communication sur les risques (sanitaires comme la grippe H1N1, technique, alimentaire), la communication d’acceptabilité (accompagnement de projets ayant un impact sur un territoire comme une autoroute, un établissement pénitentiaire) et la communication sur des sujets sensibles (accompagnement sur l’acceptabilité sociale sur des sujets contestés comme le nucléaire).

Pour en savoir plus sur la communication sur des sujets sensibles

Communication high tech

Dans les produits de haute technologie, le rythme de changement évolue rapidement. Le cycle de vie est ainsi estimé entre 3 et 5 ans, contre 5 à 10 ans pour les produits industriels et demande de forts investissements.L’innovation de rupture est une composante essentielle ; la technologie crée le marché pour ce type de produits. Les frontières du marché de référence sont  floues car l’innovation technologique peut venir d’horizons différents. L’innovation va se nicher  dans les sphères les plus complexes et les plus incertaines des technologies dites de « pointe ».

Promouvoir, valoriser et créer une image mythique

L’action de communiquer sur les produits de haute technologie va devoir répondre à trois problématiques : promouvoir l’image technique, en valorisant les compétences et l’expertise, l’image de marque, associée à la démarche commerciale et l’image mythique qui illustre le succès de l’entreprise. A cela, il faut contextualiser cette communication de haute technologie. Si le progrès technique était un des mythes moteurs de nos sociétés, il a perdu de son panache dans les méandres des difficultés quotidienne  d’une crise économique et dans un environnement pouvant être considéré comme saturé de produits high tech.

Pour autant, la technique structure nos modes de pensée et la pensée humaine. Régis Debray avait dans les années soixante-dix mis en avant la démarche médiologique. Elle entend surmonter l’opposition habituelle entre technique et culture, en s’intéressant à la transmission. Comment une idée prend-elle corps et dure-t-elle dans le temps long ? Comment l’apparition d’une technique (moyen de transport, moyen d’écriture ou d’enregistrement) modifie-t-elle durablement les mentalités, les visions du monde, le rapport à l’espace ou au temps, les comportements d’un groupe humain ? Mais aussi quelle est l’influence d’une culture sur l’adoption et l’adaptation d’une nouvelle technique  ?

Haute technologie et usage

L’usage, c’est à dire la capacité des hommes à maitriser et accepter la technique  semple prendre le pas depuis deux décennies dans le succès des produits de pointe. Alors que ces produits s’adressaient à un public précis, la vie ou la mort  des nouvelles technologies, sont largement décidées par les « usagers », les consommateurs.  Si google fonctionne, si les netbook et tablettes, téléphones portables envahissent la planète consommation c’est que  les usagers/consommateurs ont trouvé ces technologies intéressante et utile dans leur quotidien.

Communication high tech sensible

La transmission de savoir est au cœur de la communication des produits de pointe. La démocratisation de l’accès aux technologies, la vulgarisation de leur usage guident l’architecture stratégique de leur communication. La stratégie doit s’appuyer sur une démarche classique de communication institutionnelle (toute action visant  à promouvoir l’image de l’entreprise) et également sur la communication sensible.

Nouveau champ de recherche exploré, la communication sensible recouvre la communication de crise , la communication sur les risques (sanitaires comme la grippe H1N1, technique, alimentaire), la communication d’acceptabilité (accompagnement de projets ayant un impact sur un territoire comme une autoroute, un établissement pénitentiaire) et la communication sur des sujets sensibles (accompagnement sur l’acceptabilité sociale sur des sujets contestés comme le nucléaire).

La gestion de l’innovation implique une gestion du risque résolue (en partie) par une politique de communication de crise. La communication d’acceptabilité territoriale et sociétale complète le dispositif.

Un processus long mais indispensable qu’Albert Einstein résume en une phrase « une découverte se définit comme un accident qui rencontre un esprit bien préparé ».