SEO : pour une optimisation pertinente et économe en énergie

Apparaître sur la première page lors d’une recherche par exemple sur Google amène un volume important de trafic. Deux tiers environ d’utilisateurs cliquent sur un des résultats de la première page et la quasi-totalité ne regardent pas au-delà de la troisième page. Le Search Engine Marketing (SEO) ou l’optimisation pour les moteurs de recherche est incontournable pour augmenter la visibilité d’un site internet.

Optimiser la pertinence

Parmi, les méthodes utilisées, on peut citer l’optimisation d’un site internet pour des mots clés, l’achat de liens commerciaux, la qualité du contenu ou encore des liens ou URL des pages de site web,  les balises meta (ou meta tags en anglais).

Google estime que 400 millisecondes, soit le temps de deux clignements d’œil, représentent 8 000 000 de recherches en moins sur son site (sur un total de 3 milliards par mois). Le but d’un moteur de recherche doit fournir la requête la plus pertinente à l’utilisateur. Les algorithmes de classement des moteurs sont donc constamment modifiés.

Optimisation du chargement du site ou du blog

L’optimisation sur les moteurs de recherche passe également par l’optimisation du site internet. La règle des 2 secondes peut être appliquée pour une minorité d’internautes. 10% et respectivement 15% passent à autre chose lorsque l’attente est d’environ 1 seconde ou 2 secondes. Selon l’étude menée par KISSmetrics aux Etats-Unis, 2 e-consommateurs sur 5 abandonnent un site qui met plus de 3 secondes à charger et environ 1 sur 2 considère 2 secondes comme acceptable.

Pour un site globalisant 5000 visites en moyenne par mois, c’est au moins 1000 visiteurs qui n’apporteront pas un commentaire, un backlink ou un tweet.  Une perte qui va pénaliser le ranking tant recherché pour la promotion d’un site. Cela est d’autant plus dommageable que les moteurs de recherche et particulièrement Google Autre accorde une préférence dans les dernières évolutions de son algorithme aux sites performants.

Alléger les données économie d’énergie

Un site Internet est souvent ralenti par des données inutiles. Dans une enquête menée par GTmetrix sur les 995 sites à plus fort trafic au monde en 2010, il est apparu que 23 pétaoctets de données sans valeur étaient téléchargées chaque mois, soit 619 ans de téléchargement pour une personne équipée d’une ligne DSL.

Un poste de travail standard consommant en moyenne 100 Watts heure, les calculs montrent que  619 ans de consommation électrique d’un ordinateur équivaut à environ 242 GigaWatts heure, soit la consommation de près de 89 000 foyers en France.

Droit d’auteur et droit patrimonial

Tour Eiffel

@agnès gorczyca

Peu importe leur nature privée ou publique, les constructions et éléments architecturaux originaux peuvent être protégés par le droit d’auteur.

Protection des constructions…et des éléments originaux

Pour en reproduire l’image, une demande d’autorisation de reproduction doit être transmise à son créateur (architecte, paysagiste, artiste, maître verrier, ferronnier d’art…) ou à ses ayants droits si l’auteur est mort il y a moins de soixante ans (des prolongations de durée sont possibles pour temps de guerre). Concernant les éléments architecturaux, l’exemple de la tour Eiffel est célèbre. Construite en 1889, la construction relève désormais du domaine public mais ce n’est pas le cas pour l’éclairage nocturne crée en 1985 ; il est considéré comme une œuvre d’art protégée par droit d’auteur.

1 % artistique

Pour toute construction, extension, rénovation financée par les pouvoirs publics, 1% du  budget est consacré à la commande d’une œuvre d’art (fresque, jardin paysager, installation vidéo…).  L’œuvre est protégée par droit d’auteur et l’autorisation est à adresser à l’auteur ou à ses ayants droits

Théorie de « l’accessoire »

Suite à une bataille judiciaire opposant l’architecte Christian Drevet et l’artiste Daniel Buren à quatre éditeurs de cartes postales de la place des Terreaux à Lyon, les juges ont considéré leurs œuvres (jets d’eau et éclairage) étaient fondues, « intriquées » dans la place. De plus, ils ont considéré que l’œuvre ne constituait qu’un simple élément de la place et donc sa représentation n’était « qu’accessoire au sujet traité » ( Cour de cassation, 15 mars 2005).

Figures de style, une réinvention infinie du langage

Mur des mots de l'artiste Ben (Blois)

Mur des mots à Blois – Ben

Dans Exercices de style, Raymond Queneau part d’une situation pour la décliner de cent façons différentes et démontre combien la forme choisie a un impact sur la perception et donc l’interprétation qu’en fera le lecteur. La figure de style y est utilisée comme un indice pour faire réagir le lecteur, le plus souvent en jouant sur la connotation des mots, le détournement ou le renforcement de la syntaxe. Ce n’est pas une science exacte ; la signification d’une figure de style est variable selon chaque texte (poème, discours, slogan…). La figure de style est donc  un procédé par lequel on agit sur la langue, en mettant en évidence ses particularités, en accentuant son efficacité ou en bouleversant son usage courant. Depuis Aristote à nos jours, elle est donc source de réinvention du langage humain et source inépuisable pour les responsables  de communication et les publicitaires. On peut citer, le calembour « il n’y a que Maille qui m’aille » ou encore le célèbre slogan « du pain, du vin, du Boursin ». Cette rime à l’intérieur d’une même phrase est une figure  appelée homotéleute.

Découvrez les figures de style classées en quatre catégories : figures de mots, figures de sens, figures de construction et enfin figures de pensée.

Etes-vous transmedia ?

A l’heure où la démultiplication des supports est de de mise, le transmédia défini un univers cohérent se développant sur plusieurs médias de différentes natures : web série, jeu vidéo, livres, télévision, cinéma, webdocumentaire, objets dérivés, blogs… Autour d’une narration non linéaire, le spectateur est sollicité grâce à la complémentarité de médias, supports et histoires. Le transmedia est la suite logique du crossmedia (déclinaison d’un concept sur plusieurs supports et médias). La communication transmedia fragmente la narration sur divers médias et propose ainsi une multiplicité de contenus, qui peuvent être compris indépendamment des autres. Ce nouveau type de communication apporte un autre regard sur l’histoire, tout en formant au final un tout cohérent.

Selon Henry Jenkins, professeur de communication,  de journalisme et d’études cinématographiques à l’Université de Californie du Sud et fondateur des bases de la narration transmédia, c’est «  un processus où l’ensemble des éléments d’une fiction sont volontairement fragmentés en canaux médiatiques multiples afin de créer une expérience de divertissement unifiée et coordonnée. Idéalement, chaque média délivre une contribution unique et utile au déploiement de l’histoire. » Il a ainsi démontré comment l’industrie du Cinéma, avec des précurseurs comme les frères Wachowski  (Matrix), a inauguré une nouvelle façon de créer un univers de marque / film à travers des médias complémentaires. L’univers cinématographique s’est emparé tout naturellement de ce phénomène. De nombreux blockbusters ont été conçus dans une logique transmédiatique (Hobbit, Resident Evil, the Amazing Spider Man, The Dark Knight rises/Batman).

Chaque support par leur technologie apporte une approche complémentaire à l’histoire et optimise la communication en attisant l’attention et la viralité. Elle élabore des besoins et des réponses par phases, et s’articule sur des scénarii d’ensemble où chaque support renvoie à un autre.

Au-delà du cinéma, le transmedia est utilisé par des groupes tels que Muse ou Nine Inch Nails, dans le secteur automobile (Audi),  mais également par des ONG comme URBAN SURVIVORS pour Médecins sans frontières ou le dispositif transmédia d’Amnesty International. Il comprend le film de Marc Silver  WHO IS DAYANI CRISTAL ? sélectionné au festival de Sundance de 2013, ainsi que le film documentaire en quatres parties THE INVISIBLES de Marc Silver et Gael Garcia Bernal. L’ensemble est une campagne d’Amnesty sur la condition des migrants d’Amérique Centrale qui tentent d’atteindre les États Unis. Levées de fonds, prise de conscience, le transmedia est une stratégie opérationnelle pour engager durablement le public, en privilégiant l’interactivité et leur curiosité.

http://formatwebdoc.wordpress.com/2013/01/24/activisme-le-futur-sera-transmedia-ou-ne-sera-pas/

http://www.therabbithole.fr/

http://www.observatoire-numerique.nc

http://catherine.cuenca.over-blog.com

http://karleen.fr/

Tendances du digital 2013

la lettre Aquitaine numérique n°37

La marque Oxford propose au travers du Big Project de sélectionner un projet transmedia. Il y aura un vote pour départager les meilleurs projets et Oxford financera le Big One  à hauteur de 30 000€ Inscription jusqu’au 30/09/2013.

Faîtes vos jeux

jeu et communicationQue cela soit pour soutenir une bonne cause, motiver des collaborateurs  ou recruter des membres pour sa communauté, la gamification (ou ludification en français) est en vogue. Une étude menée par Gartner prévoit que 70 %  des 2000 plus grandes entreprises mondiales utiliseront les jeux dans leur stratégie d’ici 2014.

La gamification permet de toucher de façon efficace votre audience quel que soit son âge et de créer de l’engagement auprès de cette dernière. Les concepts de gamification ont l’avantage de créer de la rétention (un joueur est captivé en moyenne 10 à 15 minutes par jeu) et de générer un effet viral via les différentes interactions entre le joueur et ses amis sur les réseaux sociaux. Les applications Facebook sont un des moyens les plus simples pour les marques pour utiliser les mécanismes de gamification dans leur dispositif de communication.L’essentiel est de bien réfléchir au message que l’on souhaite faire passer tout en choisissant la mécanique de jeu la plus efficace en fonction du message que l’on veut véhiculer. Une organisation humanitaire comme la Croix Rouge a tout avantage de développer un Serious Game qui invite les participants à s’interroger sur leurs actions.

La gamification fait partie d’un dispositif ; les autres composantes du mix-marketing digital tels que l’emailing, l’achat média et le référencement payant viennent compléter le dispositif

Typologie des jeux

Notoriété : Les applications simples comme les quiz et les tirages au sort sont d’excellents moyens de développer une communauté.

Engagement : Les internautes sont entrainés dans une boucle d’interactions plus impliquante qui les poussent à aller plus loin dans leur relation avec la marque. Les enquêtes de satisfaction, les concours photo sont des applications destinées aux communautés plus établies.

Conversion : Il est possible d’inciter à l’achat grâce aux concours débouchant sur un coupon (tirage au sort ou instant gagnant permettant de récompenser les participants avec des offres promotionnelles et des réductions à l’issu du jeu). L’organisation d’un jeu de piste permet aussi de générer du trafic qualifié en magasin.

Fidélisation : Maintenir une communication sur les réseaux sociaux et organiser des animations régulières sontdes  clés pour favoriser la préférence de marque et la recommandations : test de connaissance, test de personnalité, jeu de réflexe ou encore mot à deviner.

Figures de style

Figures de mots
Figure de sens
Figures de construction
Figures de pensée

Figures de mot, jeu sur le signifiant

Les figures de mots jouent sur le signifiant en prenant en compte le mot sur le plan purement phonétique et visuel. Ces figures ont pour effet d’attirer l’œil ou l’oreille sur un mot, une phrase. Elles favorisent l’attention et la mémorisation. On compte sept figures qui ont pour objet la sonorité.

  • l’allitération (répétition de consonnes ayant des sons identiques)
  • l’assonance : répétition de sons vocaliques
  • l’écho sonore  : répétition de sons reliant musicalement deux groupes de mots, de vers…
  • l’harmonie imitative  : utilisation des mots pur reproduire des bruits, le son d’une scène
  • l’hiatus : rencontre entre une voyelle de fin de mot et une voyelle de début de mot
  • l’homéotéleute : utile pour la conception de slogan, c’est une sorte de rime à l’intérieur d’une même phrase « du pain, du vin, du boursin »
  • la paronomase : rapprochement de mots qui se ressemblent d’un point de vue sonore « veni, vidi, vici » de Jules César, « je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu ». La présence de l’asyndète comme autre figure de style (annihilation de tout lien de causalité ou de temporalité dans la phrase) confère à la phrase une qualité quasi divine.

Les jeux de mots sont certainement les figures de mots les plus connus.

  • l’anagramme : composition d’un mot à partir des lettres d’un autre mot « aimer marie »
  • la contrepèterie : interversion des lettres ou des syllabes de deux mots pour créer un nouveau sens « à fleur de peau, à peur de flots »
  • l’ixolexisme : utilisation dans une phrase de plusieurs mots ayant le même radical « des hommes intègres poursuivaient intégralement la désintégration progressive de la matière vivante désemparées » Jacques Prévert, in la Pluie et le Beau Temps
  • le lipogramme : la non utilisation d’une lettre précise dans un texte. Georges Perec a écrit La Disparition sans utiliser la lettre « e ».

La modification et création de mot est également source infini de renouvellement de la figure de mots.

  • l’archaïsme est l’utilisation d’un mot ancien n’ayant lus cours. On a ainsi observer l’utilisation du mot maille petite monnaie de cuivre, qui valait ½ denier)  dans des chansons de rap
  • la lexicalisation : substantivation d’un mot ou d’un groupe de mots, ex » je est un autre » (correspondance de Rimbaud à Paul Demeny)
  • le métaplasme : il regroupe toutes les figures où il y a une altération d’un mot ou ajout d’une lettre ou syllabe d. aphérèse = »M’dame »,  apocope  (phonème supprimé en fin de mot, syncope, suppression au milieu du mot, epenthèse= »Merdre ! » Albert Jarry dans le Roi Ubu), prosthèse, ajout au début du mot,
  • la gémination= »fifille », étirement du phonème d’un mot
  • le mot forgé, création d’un nouveau mot fondé sur aucune racine existante
  • le mot-valise, contraction de deux mots « ennuiverselles », « flexicurité », « vidéocratie »
  • le néologisme : nouveau mot sur la base d’une racine lexicale existante, Utilisation du mot « bravitude » par Ségolène Royal
  • le périgrinisme : utilisation à certains aspects d’une langue étrangère

Figures de sens, le signifiant détourné

Les figures de sens sont également des tropes, un terme grec qui signifie étymologiquement détour, conversion. Or, c’est précisément de cela qu’il s’agit : les tropes ou figures de style opère un transfert sémantique sur les mots ou groupes de mots. Elles substituent à leur sens littéral un sens figuré grâce à des figures de contiguïté, des figures de l’association et des figures du double sens.

Dans les figures de contiguïté, le transfert est opéré par l’utilisation d’une chose, d’une idée qui en représente une autre et avec laquelle elle entretient un rapport.

  • l’antonomase : utilisation d’un nom propre comme nom commun (ex Don Juan ou Casanova) et inversement
  • l’hypallage : une hypallage permet de qualifier un mot alors que cette qualification se rapporte logiquement à un autre mot dans la phrase
  • la métalepse : désignation d’une chose par une autre par une relation d’analogie
  • la métonymie : substitution d’un élément par un autre élément appartenant au même ensemble logique, « boire un verre », « manger son assiette ». Dans l’éducation sentimentale,  Gustave Flaubert utilise cette figure pour décrire un embouteillage sur les Champs Élysées en décrivant les personnages seulement la l’énumération des parties du visages « […] des sourires de dénigrement répondaient aux ports de tête orgueilleux ; des bouches ouvertes exprimaient des admiration imbéciles »
  • la périphrase : cette figure remplace un mot par une expression qui le décrit « le roi des animaux », « la langue de Shakespeare », « la langue de Molière ». Dans les Précieuses Ridicules, Molière utilise cette figure pour se moquer du style ampoulé utilisé. Les fauteuils deviennent ainsi les commodités de la conservation.
  • la synecdoque (cas particulier de la métonymie) : substitution d’un mot par un autre ayant une relation d’inclusion avec celui-ci. ex : « quitter ses murs », « Paris a gagné le match » (l’équipe de Paris a gagné)

Les figures de l’association introduisent une rupture d’isotopie, c’est à dire l’introduction de deux idées ou choses ayant a priori rien à voir. L’objectif est de de donner une expression plus forte, plus expressive.

  • l’allégorie : représentation d’une idée sous une forme matérielle et vivante, « un orage terrible aux yeux des matelots, c’est Neptune en courroux qui gourmande les flots » Nicolas Boileua, in L’Art poétique (chant III)l
  • l’apposition ou épithétisme : qualification d’un terme en lui rattachant d’autres mots ou groupes de mots placés à sa suite.
  • la comparaison : mise en miroir de deux éléments, « tes yeux sont bleus comme le ciel »
  • la compensation : modification de lla connotation d’un mot ou groupe de mots, apportant un mot portant une connotation contraire. Prévert dans le poème J’attends (in la Pluie et le Beau Temps) met dans la bouche d’une femme trahie par son mari les vers suivants : J’attends le doux veuvage, j’attends le deuil heureux »
  • les correspondances : liens d’analogie entre deux éléments de registres sensoriels différents. Introduit en France par Baudelaire, cette figure se fonde sur la synesthésie (relation entre deux sens différents, un son qui correspond à une couleur par exemple). « Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants, doux comme le hautbois, verts comme des prairies », Charles Baudelaire, « Correspondances », in Les Fleurs du mal
  • la métaphore : assimilation entre un comparé et un comparant qui sont rapprochés sans outils de comparaison.
    Une métaphore filée est développée et poursuivie sur plusieurs mots, « Bergère ô tour Eiffel le troupeau des ponts bêle ce matin » (Guillaume Apollinaire, « Zone », in Alcools). Dans la métaphore dite in praesentia, le comparé est présent « et tes mains, feuilles de l’automne ». Dans la métaphore in absentia, il ne figure que le comparant, introduisant ainsi une forme d’énigme « sous les pavés, la plage »
  • l’oxymore ou oxymoron : rapprochement syntaxique de deux termes qui s’opposent normalement, « une obscure clarté »

Les figures du double sens ont pour objet la polysémie, jouant sur l’ambiguïté du langage pour proposer un sens nouveau.

  • le calembour : utilisation de l’équivalence phonique de mots pour les rapprocher de manière sémantique, ‘il n’y a que Maille qui m’aille », »de deux choses lune, l’autre c’est le soleil » (Jacques Prévert, le Paysage changeur, in Paroles), « les miroirs feraient bien de réfléchir un peu avant de renvoyer les images » (Jean Cocteau, in Essai de critique indirecte)
  • la diaphore : répétition d’un mot ou groupe de mots. On parle d’antanaclase, quand le procédé est utilisé dans un dialogue « le coeur a ses raisons que la raison ne connait pas ; on le sait en mille choses » (Blaise Pascal, in Pensées, IV, 227)
  •  l’omnymie : utilisation d’homonymes, « ces nuits t’en souvient-il Me souvenir me nuit » (Louis Aragon, Nuit d’exil, in les Yeux d’Elsa
  •  la métanalyse : utilisation de l’ambiguïté de l’énonciation d’un mot ou d’un groupe de mots. Dans les Femmes savantes de Molière, Bélise reproche à sa servante Martine « d’offenser la grammaire ». Martine répond par « qui parle d’offenser grand’ mère ni grand-père ? »
  •  la syllepse de nombre ou de genre : utilisation d’un accord en-dehors des règles grammaticales

Les figures de construction ou l’agencement du discours

Les figures de construction structurent la phrase, voire celle du discours.

Les figures de la symétrie ou de l’opposition mettent en regard deux réalités, deux idées pour les opposer, les comparer, leur donner plus de force.

  •  l’antithèse : mise en regard de deux réalités comme dans la fable le chêne et le roseau de Jean de la Fontaine qui oppose la force et la faiblesse « l’arbre tient bon, le roseau plie. »
  •  le balancement ou hypozeuxe : deux membres d’une phrases ou deux phrases successives sont mis en parallèle par une relation de symétrie grammaticale.
  •   le chiasme : relation symétrie inversée de deux membres d’une phrase selon le schéma ABBA ou ABB’A’, « ce n’est pas l’Etat qui appartient au Prince, c’est le Prince qui appartient à l’Etat (Denis Diderot, article « autorité politique », in Encyclopédie
  •  le miroir : subordination de deux termes identiques proches lexicalement, « Si tant d’hommes rêvaient alors de Marilyn Monroe, c’était parce que tant d’autres hommes rêvaient de Marilyn Monroe (Romain Gary, in Au-delà de cette limite votre ticket n’est plus valable. Dans le miroir inversé, le second terme est l’inverse du premier « il n’y a point de mal dont il ne naisse un bien » (Voltaire, in Zadig)
  •  la reprise : utilisation répétée d’une même tournure de phrase, « Sin me presse de dire pourquoi je l’aimais, je sens que cela ne peut s’exprimer qu’en répondant : «  Parce que c’était lui, parce que c’était moi « . »

Dans le cas de la figure de répétition, le discours est construit en s’appuyant sur une redite plus ou moins importante.

  •   l’anaphore : répétition d’un même mot ou groupe de mots répété plusieurs fois en début de phrase ou de vers. Dans le texte « J’accuse », Emile Zola utilise ce mot au début de chaque début de paragraphe du texte. Plus récemment lors de la campagne présidentielle utilise cette figure de style lors d’une prestation télévisuelle, en répétant « moi président »
  •  l’antépériphore : répétition de mot ou groupes de mot en début et en fin de phrase
  • l’épanadiplose : le membre de phrase se finit par le mot qui avait commencé le membre de phrase précédent
  •  l’épanalepse : répétition d’un mot, groupe de mots, voire une phrase entière
  •  l’épiphore : répétition d’un mot ou groupe de mots en fin de phrase
  • l’inclusion : texte commençant et finissant par le même mot
  •   la réduplication : répétition de mots placés côte à côte
  •   la répétition : mot repris plusieurs fois dans un texte

Les figures d’accumulation introduisent un trop plein d’informations pour amplifier les propos

  •  l’accumulation : un grand nombre de mots ou groupes  de mots sont accumulés ayant la même fonction avec pour seul objectif d’amplifier le propos, « le plus extraordinaire, le plus exceptionnel, le plus incroyable.. »
  •  l’énumération : énonciation de différents composants d’un tout à la suite
  •  l’épitrochasme : accumulation  de termes brefs placés syntaxiquement sur le même plan, « il presse, il supplie, il conjure… »
  • le pléonasme : qualifier un mot ou groupe de mot à l’ai d’un élément qui n’apporte pas de sens supplémentaire. Employé sciemment, il peut être utilisé comme figure pour appuyer les propos.
  •  le polysyndète : répétition d’un lien de coordination
  • la redondance : caractérisation de quelque chose de manière superflue
  •  le ressassement : répétition exagérée d’un mot
  • la tautologie : expression d’une même chose alors que l’on paraît dire deux choses différentes

Les figures de disposition et motifs permettent par l’agence ment particulier des phrases d’appuyer formellement le propos.

  •  l’anadiplose : reprise au début de la phrase d’un mot de la phrase suivante, « avec la mer du Nord pour dernier terrain vague. Et des vagues de dunes pour arrêter les vagues. Et des vagues rochers que des marées dépassent. Et qui ont à jamais le cœur à  marée basse », Jacques Brel, Le plat pays. Dans cet extrait, on utilise une concaténation car on utilise l’anadiplose plusieurs fois.
  •  l’antimétabole : suite de deux phrases dont la seconde reprend les mêmes mots mais pas dans le même ordre syntaxique, « Où je tu m’a embrassé. Où je t’ai embrassé »
  •  l’attelage : association syntaxique d’un terme concret avec un terme abstrait, « vêtu de probité candide et de lin blanc »
  • la disjonction : non répétition d’un terme ont dépendent plusieurs autres
  • l’enjambement : figure propre à la poésie permet de poursuivre dans un vers la phrase entamée dans le vers précédent
  •  l’épanode ou régression : reprise et explicitation des mots énoncés en début de phrase
  • l’érosion : répétition d’un groupe de mots duquel on retranche un mot à chaque fois. Dans le sens contraire, la figure est appelée alluvion
  •  la gradation ou climax : suite de mots dont l’intensité croît ; va cours, vole et nous venge », Pierre Corneille, in Le Cid
  •  l’hypotaxe : construction de phrases avec des liens de subordination
  •  la mise en abyme : procédé en forme de poupées russe qui consiste à répéter un élément à l’intérieur d’un autre qui lui est similaire, et ainsi de suite
  •  la paratase : juxtaposition de phases et segments de phrases
  • le réamorçage : répétition à l’identique ou légèrement modifié d’un mot ou groupe de mots avec entre un lien syntaxique
  •  la sériation : énumération d’un certains nombres d’éléments classés entre eux par groupes
  • le zeugma ou zeugme : liaison syntaxique de mots ou groupes de mots grâce à la subordination d’un même mot (souvent un verbe)

Les figures déstructuration produisent un effet de surprise en désarticulant uns phrase, en rompant avec la construction classique de la langue, en inversant les mots ou en intercalant d’autres.

  • l’anacoluthe : Rupture dans la construction syntaxique d’une phrase, « Qui voudra connaîte à plein la vanité de l’homme n’a qu’à considérer les causes et les effets de l’amour. Le nez de Cléopâtre : s’il eut été plus court, toute la face de la terre aurait changé », Baise Pascal, in Pensées (II, 162)
  •  l’asyndète : omission volontaire le lien entre phrases, membres de phrases ou mots
  • la dislocation : mise en exergue d’un mot ou groupe de phrases
  •  l’ellipse : omission d’un déterminants de la phrase
  • l’enchâssement : intercalation d’une phrase entière au milieu d’une phrase ou d’un groupe de mots
  •  l’hendiadyn : il coordonne deux éléments auxquels il donne syntaxiquement une place équivalente, là où il serait attendu que l’un serait subordonné à l’autre sans avoir la même fonction syntaxique
  •  l’hyperbate : ajout d’un mot ou groupe de mot à la fin d’une phrase qui paraissait close
  • l’inversion : renversement de l’ordre classique des termes d’une phrase   , « Sous le pont Mirabeau coule la Seine. Et nos amours. Faut-il qu’il m’en souvienne venait toujours après la peine. Vienne la nuit sonne l’heure. Les jours s’en vont je demeure. Les mains dans les mains restons face à face. Tandis que sous Le pont de nos bras passe. Des éternels regards l’onde si lasse », Guillaume Apollinaire, « Le Pont Mirabeau », in Alcools
  •  le rejet : membre d’une phrase, groupe de mots mis en fin de phrase
  •  la tmèse : division d’un mot composé d’un groupe de mots indissociables, « apprenons l’art, mon cœur, d’aimer sans espérance », Jean de Rotrou, in Venceslas

Figures de pensée, rapports des idées et du discours

Les figures de pensée concernent le discours en lui-même ; elles soulignent les rapports des idées entre elles et les rapports du discours avec son sujet (le narrateur) d’une part, son objet et le traitement qu’il en fait d’autre part.

Les figures d’intensité amplifient ou atténuent le discours.

  •  l’emphase : utilisation d’un ton d’une solennité exagéré
  •  l’euphémisme : il atténue une expression qui pourrait choquée, par exemple dire il a vécu au lieu de l’expression il est mort
  •  l’exténuation : elle confère à un propos une expression plus neutre ou anodine
  • l’hyperbole : exagération d’un propos, poussée à l’extrême cette figure de style est appelée adynaton
  • la litote : dire peu pour suggérer beaucoup, « va, je te hais point », Pierre Corneille, in Le Cid (acte III, scène 4)

Certaines figures restituent une image visuelle pour rendre plus vivant le discours.

  •  l’hypotypose : description vivante d’un personnage, d’un lieu
  •  l’interrogation oratoire : c’est une fausse interrogation
  •  la personnification : représentation d’un objet ou une idée comme un être humain
  •  la prosopopée : on fait agir et parler une personne absente, un objet ou une chose personnifiée

Les figures d’énonciation mettent en exergue les relations du narrateur à l’objet de son propos et la manière qu’il a de l’aborder.

  • l’analepse : récit d’une action passée (un flash-back). La prolepse est le contraire de l’analepse (récit d’une situation anticipée)
  • l’aposiopèse : interruption dans le déroulement syntaxique du propos (par des points de suspension) pour donner sens à la situation de celui qui énonce
  • l’apostrophe : interpellation directe d’une personne, d’une entité
  • l’épanorthose : procédé d’autocorrection pour y apporter des nuances. Si les nuances apportent un éclaircissement au discours, on parle alors d’expolition
  • l’épiphrase : insertion dans le discours d’une phrase ou segment de phrase pour dévoiler le ressenti de son auteur. L’insertion est signalée par des tirets
  • la parenthèse ou parembole : ajout d’un segment dissocié du reste de la phrase, signalé par des parenthèses ou virgules

Les figures de dialectique concernent la relation que le narrateur met en place avec le lecteur, l’auditeur dans le but de la surprendre, le convaincre, l’influencer.

  • l’antiphrase : utilisation d’un mot dans un sens contraire à son emploi courant
  • le chleuasme : forme d’autodérision pour essayer de réfuter implicitement les propos de son interlocuteur
  • l’ironie : dire une chose tout en indiquant son contraire
  • la prétérition : dire qu’on va ne pas parler de ce dont précisément on est en train de parler
  • la substitution : elle provoque un effet de surprise fondé sur l’utilisation d’une formule ou d’une formulation attendue, « les vieux ne parlent plus ou alors seulement parfois au bout des yeux. », Jacques Brel, « Les vieux »

Le temps d’un discours

discours Rappelez vous de vos expériences d’auditeur quand vous rédigez un discours. Les phrases courtes (14 à 18 mots) sont à privilégier. Pour visualiser si les phrases sont trop longues, colorez en rouge les phrases de plus de 19 mots.

L’attention, sauf cas exceptionnel décline au bout de 10 minutes. La structure temporelle d’un discours peut être résumée ainsi :

  • Civilités : 30 secondes
  • Introduction : 1 mn
  • Développement : 6 à 7 mn
  • Conclusion : 1 mn