ESS : naissance officielle d’un nouveau secteur économique

essDepuis mercredi, l’économie sociale et solidaire (ESS) est considérée comme un secteur économique à part entière. Les organisations de ce secteur – que sont les mutuelles, associations, scop, fondations et coopératives – vont être répertoriés par l’Insee et faire l’objet d’indicateurs économiques.

L’ESS (économie sociale et solidaire) pèse déjà 2,4 millions de salariés, soit un emploi privé sur huit en France. Et ce nouveau secteur affiche une croissance  de 23% sur les dix dernières années contre 7% en moyenne pour les autres activités économiques.

Cette reconnaissance officielle va permettre  aux entrepreneurs du secteur de demander des financements auprès de la BPI (banque publique d’investissement) dont les portes leur étaient closes jusqu’à présent. Cette structure publique se verra dotée des 500 millions spécialement dédiés à ces entrepreneurs.

Une autre mesure annoncée concerne plus spécialement les Scop (Sociétés coopératives et participatives). Pour faciliter leur création via une reprise d’entreprise par ses salariés, le nouveau dispositif doit leur permettre de rester minoritaires dans leur coopérative durant sept ans, le temps de trouver les fonds nécessaires à une reprise total. Durant cette période, ils bénéficieront également d’allègements fiscaux. Enfin, tout projet de cession d’entreprise doit être annoncé au moins deux mois à l’avance aux salariés, pour leur laisser le temps d’organiser un éventuel rachat. L’ensemble de ce dispositif sera examiné par les assemblées à la rentrée.

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Lobbying : continuer à susciter l’intérêt

assemblée nationale En novembre 2012, les brasseurs avaient mené une fronde contre la hausse de la taxe sur les bières. Acteurs et chefs étoilés avaient été mis à contribution, mais en vain.  Quelque mois plus tard, la marque Kronenbourg vient de mener auprès des parlementaires une campagne de lobbying. Dans une déclaration au Lab d’Europe 1, Jean-Pierre Decool, Député Nord,  apparenté UMP  déclare s’être  «  réjouit que Kronenbourg fasse du lobbying. Ca a manqué. »  Cette déclaration fait la suite à la campagne  du brasseur français pour vanter le made in France de la bière hexagonale. Le député a d’ailleurs informé qu’il devient président d’un groupe d’études portant sur la filière brassicole agrée par le Bureau de l’Assemblée nationale. Cette campagne de lobbying qui s’est déroulée sur quinze jours ; deux courriers ont été envoyés aux parlementaires fin juin et début juillet, l’un rappelant l’engagement du brasseur par rapport à la consommation responsable, l’autre axé sur le label origine France.

Une initiative qui démontre l’intérêt d’une action individuelle et passive (c’est à dire intervenant bien après que la décision de la hausse de la taxe ait été entérinée) et qui fait suite à une action collective.

Communication d’influence, miroir aux allouettes ?

facettesLa communication d’influence met en œuvre un ensemble de moyens et d’actions qui vise à convaincre ou à dissuader,  les décideurs et leaders d’opinion dont les choix et les prises de positions constituent un enjeu majeur pour l’entreprise, l’organisme public, l’ONG ou encore l’association.  Elle agit alors sur l’opinion publique comme levier pour influencer les choix politiques. La communication d’influence permet également aux décideurs politiques de créer dans l’opinion publique un climat favorable à certaines décisions.

Un peu d’histoire

Dès l’Antiquité, les principes de la communication d’influence furent théorisés par les Grecs, avec l’invention de la rhétorique. Au Ve siècle av. J.-C., Platon (Gorgias) et d’Aristote (Poétique et Rhétorique) s’y intéressèrent. Quelques siècles plus tard, le Pape Grégoire XV  va créer la Congrégation de Propaganda Fide est créée en 1622 .

En 1958, Chaïm Perlman publie le traité de l’argumentation où il précise les frontières d’une rhétorique concentrée sur la persuasion plutôt que sur la stylistique. Il renoue avec la rhétorique aristotélicienne et propose de lui rendre sa légitimité philosophique en passant outre la condamnation de Platon qui associait l’art de persuader à la sophistique et à la manipulation. La rhétorique est l’instrument indispensable de toute pensée qui ne se réduit pas à un simple calcul. Toute délibération, toute discussion, toute controverse, toute présentation d’idées nouvelles qui fait appel a la raison, est obligée d’y recourir.

Toulmin, auteur de The uses of Argument, s’inscrit  dans la philosophie anglo-saxonne du positivisme logique. Il préconise une transformation de la logique pour la faire passer d’une science formelle à une science pratique. Le « modèle d’argumentation » de Toulmin est constitué ainsi d’un diagramme contenant six composants corrélatifs utilisés pour les arguments d’analyse. Son travail a été influent, particulièrement dans le champ de la rhétorique et de la communication, et dans la science informatique.

Enfin,  Charles Hamblin dans Fallacies considère que l’argumentation n’est plus tant une affaire de vérité ou d’adhésion mais plutôt de croyance. Cette réflexion va dans la continuité du courant de recherche des années soixante-dix sur les « fallaces »  : arguments non valides sur le fond, mais dont les apparences le sont. La distinction entre le vrai et le crédible fait le lit de la rumeur. Ce qui est diffusé rejoint nos certitudes que nous colportons à notre tour, en nous nous l’attribuant.

Rumeur et syndrome de l’éolien

Le syndrome de l’éolien en est la parfaite illustration. Ainsi, dans une étude parue dans parue dans la revue Health Psychology, il est relaté une expérience menée auprès de soixante participants  sur  les effets nocebo,c ‘est à dire des symptômes néfastes provoqués par des informations négatives. Les participants ont  été exposé à des séances d’écoute de dix minutes d’infrasons (vibrations de faibles fréquences inaudibles par l’homme) et à de faux infrasons (autrement dit, au silence). Avant ces séances d’écoute, la moitié du groupe avaient visionné des interviews de riverains de parcs éoliens qui racontaient les problèmes qu’ils attribuaient aux sons générés par les pales rotatives.  Puis, les chercheurs ont procédé à des tests pour mesurer l’anxiété des membres de ce même groupe; face au silence comme aux infrasons, les personnes les plus anxieuses ont évoqué les mêmes symptômes.

Et la  communication d’influence, aujourd’hui ?

Les ONG et les associations ont particulièrement développé à partir des années soixante-dix des dispositifs de communication d’influence (Amnesty international, Greenpeace, associations de patients…). La force militante, soutenue par des méthodes professionnelles ont pesé et pèsent ainsi sur les décisions de gouvernements et d’entreprises.

Qu’en est-il des administrations et des entreprises ? Face à la multiplicité des écrans, des messages, des « fallaces », la communication d’influence est pour ces acteurs une réponse préventive et défensive pour convaincre l’opinion publique. Le bouleversement des moyens de communication modifie les processus de décision publique, de plus en plus soumis aux courants d’opinion, stimulés par des influenceurs (ONG, lobbies, think-tanks, personnalités, experts, journalistes, blogeurs…). Plutôt que des dogmes, l’enjeu de faire valoir les priorités d’une organisation pour créer un contexte législatif et réglementaire favorable ou faire accepter des décisions politiques par l’opinion publique.

Loin d’être un miroir aux alouettes, la communication d’influence reflète  l’écosystème, l’identité et amplifie les valeurs, les priorités d’une entreprise, d’une association ou de l’État ou encore de collectivités locales auprès d’un large public.  Et à ce jeu-là, les acteurs publics, les organisations professionnelles, les associations tirent leur épingle. Dans leur enquête sur la typologie des personnes auditionnées à l’Assemblée nationale,  Transparence International France et Regards Citoyens constatent ainsi que 48 % les acteurs publics sont entendus, 21% sont des organisations représentatives, 20 % des entreprises privées et publiques, 11,6 % des élus et 1 % des lobbyistes, think tank…

Le rôle du consultant influence

Le consultant influence  croise de nombreuses compétences en matière de  veille, de planning stratégique, de relations publiques/presse, d’affaires publiques, et une part toujours croissante de communication digitale et réseaux sociaux.   Son objectif premier est de révéler une image crédible, sincère d’une organisation, d’un projet  et de dégager les valeurs qui s’y rattachent : « ce que nous sommes, ce que nous voulons, ce que nous défendons ». Puis, il cartographie les acteurs décisionnaires et les « influenceurs » grâce à une veille stratégique. Enfin, il doit susciter leur intérêt et les convaincre du bien fondé de la démarche. Pour mettre en œuvre une stratégie d’influence, il faut prendre en compte le temps. Il convient de penser sur le moyen et le long terme et avoir à l’esprit la citation de Joseph Kessel « changez vos stratégies et tactiques, mais jamais vos principes ».

Pour en savoir + :

http://www.influence-day.com/
http://www.regardscitoyens.org/transparence-france/etude-lobbying/
http://www.influenceursduweb.org/
http://www.communicationetinfluence.fr/
Aristote, Rhétorique, tomes 1,2,3, texte établi et traduit par Médéric Dufour, Les Belles Lettres, Paris, 1967.
Barthes Roland, « L’ancienne rhétorique », Communications n°16, « Recherches rhétoriques », Le Seuil, Paris, 1970
Breton Philippe, L’argumentation dans la communication, coll. Repères, La Découverte, Paris, 1996

« Les éléments, la nourriture, la veille, le sommeil, les passions, ont sur vous de continuelles influences. Tandis que ces influences exercent leur empire sur votre corps, les planètes marchent et les étoiles brillent. Direz-vous que leur marche et leur lumière sont la cause de votre rhume, de votre indigestion, de votre insomnie, de la colère ridicule où vous venez de vous mettre contre un mauvais raisonneur, de la passion que vous sentez pour cette femme ? »  Voltaire – Oeuvres complètes Garnier Tome 19, P. 464

Etes-vous transmedia ?

A l’heure où la démultiplication des supports est de de mise, le transmédia défini un univers cohérent se développant sur plusieurs médias de différentes natures : web série, jeu vidéo, livres, télévision, cinéma, webdocumentaire, objets dérivés, blogs… Autour d’une narration non linéaire, le spectateur est sollicité grâce à la complémentarité de médias, supports et histoires. Le transmedia est la suite logique du crossmedia (déclinaison d’un concept sur plusieurs supports et médias). La communication transmedia fragmente la narration sur divers médias et propose ainsi une multiplicité de contenus, qui peuvent être compris indépendamment des autres. Ce nouveau type de communication apporte un autre regard sur l’histoire, tout en formant au final un tout cohérent.

Selon Henry Jenkins, professeur de communication,  de journalisme et d’études cinématographiques à l’Université de Californie du Sud et fondateur des bases de la narration transmédia, c’est «  un processus où l’ensemble des éléments d’une fiction sont volontairement fragmentés en canaux médiatiques multiples afin de créer une expérience de divertissement unifiée et coordonnée. Idéalement, chaque média délivre une contribution unique et utile au déploiement de l’histoire. » Il a ainsi démontré comment l’industrie du Cinéma, avec des précurseurs comme les frères Wachowski  (Matrix), a inauguré une nouvelle façon de créer un univers de marque / film à travers des médias complémentaires. L’univers cinématographique s’est emparé tout naturellement de ce phénomène. De nombreux blockbusters ont été conçus dans une logique transmédiatique (Hobbit, Resident Evil, the Amazing Spider Man, The Dark Knight rises/Batman).

Chaque support par leur technologie apporte une approche complémentaire à l’histoire et optimise la communication en attisant l’attention et la viralité. Elle élabore des besoins et des réponses par phases, et s’articule sur des scénarii d’ensemble où chaque support renvoie à un autre.

Au-delà du cinéma, le transmedia est utilisé par des groupes tels que Muse ou Nine Inch Nails, dans le secteur automobile (Audi),  mais également par des ONG comme URBAN SURVIVORS pour Médecins sans frontières ou le dispositif transmédia d’Amnesty International. Il comprend le film de Marc Silver  WHO IS DAYANI CRISTAL ? sélectionné au festival de Sundance de 2013, ainsi que le film documentaire en quatres parties THE INVISIBLES de Marc Silver et Gael Garcia Bernal. L’ensemble est une campagne d’Amnesty sur la condition des migrants d’Amérique Centrale qui tentent d’atteindre les États Unis. Levées de fonds, prise de conscience, le transmedia est une stratégie opérationnelle pour engager durablement le public, en privilégiant l’interactivité et leur curiosité.

http://formatwebdoc.wordpress.com/2013/01/24/activisme-le-futur-sera-transmedia-ou-ne-sera-pas/

http://www.therabbithole.fr/

http://www.observatoire-numerique.nc

http://catherine.cuenca.over-blog.com

http://karleen.fr/

Tendances du digital 2013

la lettre Aquitaine numérique n°37

La marque Oxford propose au travers du Big Project de sélectionner un projet transmedia. Il y aura un vote pour départager les meilleurs projets et Oxford financera le Big One  à hauteur de 30 000€ Inscription jusqu’au 30/09/2013.

La communication météo sensible

Après la pluie, le beau temps revient. Des aléas climatiques que les entreprises intègrent dans dans leur stratégie et donc dans leur communication. En effet, selon le Département Américain du Commerce, 70% de l’économie seraient « météo-sensibles » : la grande consommation, la distribution, l’agriculture, le transport, l’assurance, l’industrie, les services, l’énergie, le textile, le tourisme, les loisirs, la santé… Des marques comme Unilever qui détient entre autres les glaces carte d’or, Magnun ou Solero, se sont adjoints les services d’expert en veille climatique.                                                                                                                                                                 

Avec des vagues de chaleur, les ventes de glaces peuvent atteindre des pics de 40 à 50 % sur un mois. De même, les marques de  bière dès que les 23 °C sont atteints voient leurs ventes augmenter de 2 % à chaque degré supplémentaire, mais une fois les 27 ° C, les consommateurs se tournent vers l’eau minérale. Le climat influence en France  60 % des produits de grande consommation selon l’étude Climpact (cf. ci-contre Etude Climpact – Juin 2012, Influence de la météo sur la vente de boissons).

De plus en plus, d’entreprises comme Carrefour ou la Redoute intègrent dans leur communication l’intégration des données climatiques grâce à une grande prévisibilité de la météo à deux semaines. Au delà de cette adaptation marketing à la météo de tous les jours, l’effet météo-sensible pose la question de l’adaptation des entreprises  aux changements climatiques. En ce qui concerne l’énergie, la France est particulièrement thermosensible concernant sa consommation d’électricité, compte tenu de la part significative du chauffage électrique. En 2011, EDF a ainsi été le premier en France à avoir communiqué l’impact de la météo sur son chiffre d’affaire dans son rapport annuel. Alors que les Etats peinent à trouver un consensus sur les actionspour diminuer les émissions à effet de serre, les acteurs privés et publics commencent donc  à s’y intéresser.

Les dernières simulations du GIEC montrent  que le climat tend vers une augmentation globale des précipitations mais également une accentuation des contrastes hydrologiques spatio-temporels ( intensification des sécheresses,  inondations plus fréquente,  écarts de température de plus en plus importants par rapport à la moyenne de référence).

Les risques inhérents sont physiques (destruction matériel, dévalorisation des produits…) et  économiques ¬(volatilité des matières premières, chute des ventes, CA, rentabilité…). Leurs impacts touchent la performance d’une entreprise (variation de la production, problème de logistique, modification du comportement des consommateurs, etc.) mais aussi des impacts indirects en touchant les différentes entités de la filière (fournisseurs, partenaires, clients, etc). La dimension climatique est donc une donnée importante à intégrer à la communication sensible des organisations publiques ou privées.

La première partie du rapport du GIEC sur les aspects scientifiques du climat qui sera présentée en septembre à Stockholm est donc particulièrement attendue.  Les deux autres parties (sur l’adaptation au changement climatique et sur les solutions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre) seront, quant à elles, adoptées au printemps 2014. La synthèse globale devrait être présentée pour octobre 2014.

http://meteosensibilite.com/
Weather Risk Management Association (WRMA)

Qwant, moteur de recherche 100 % français

Qwant, moteur de recherche françaisAlors que  près de 90 % des moteurs de recherche sont américains, Qwant, moteur de recherche français vient d’être lancé. A la différence de Google ou de Bing, l’affichage des recherches se fait par code couleurs selon la source (réseaux sociaux, blog…) et par colonnes.  Qwant fait  en sorte que l’internaute voit tout d’un seul regard.  A noter que le personnel, les informations et les serveurs sont localisés en France.

http://www.qwant.com/

La marque France à construire

Marque FranceUne consultation vient d’être lancée pour que les Français donnent leur avis sur la future marque France, versant économie. L’objectif est de constituer une histoire économique reconnue et partagée, au travers de questions sur les inventeurs, les faits marquants et  les valeurs sous tendant la future marque.

La consultation fait suite à la parution d’un rapport qui a identifié trois valeurs fondamentales « l’amour des gestes et du savoir-faire », « la vision de la France, sa capacité à imaginer et à initier », et enfin « l’art de la surprise »  (innovation de rupture).

Plus concrètement, conscients que le « récit économique français ne se fera pas en quelques mois », les auteurs recommandent d’adapter les programmes scolaires pour reconsidérer les faits historiques sous un angle également économique. Ils préconisent également « une charte graphique « ombrelle » pour la marque France, l’obligation de marquer l’origine des produits, la création d’un outil permettant d’évaluer l’attractivité de la marque ou encore de lancer en complément du site France.fr, le « France store » pour vendre l’offre touristique et culturelle du pays.

A l’issue de la consultation qui se clôturera fin septembre, la mission publiera un rapport final le 28 octobre. La future marque France sera connue en janvier 2014. A suivre…