Figures de style

Figures de mots
Figure de sens
Figures de construction
Figures de pensée

Figures de mot, jeu sur le signifiant

Les figures de mots jouent sur le signifiant en prenant en compte le mot sur le plan purement phonétique et visuel. Ces figures ont pour effet d’attirer l’œil ou l’oreille sur un mot, une phrase. Elles favorisent l’attention et la mémorisation. On compte sept figures qui ont pour objet la sonorité.

  • l’allitération (répétition de consonnes ayant des sons identiques)
  • l’assonance : répétition de sons vocaliques
  • l’écho sonore  : répétition de sons reliant musicalement deux groupes de mots, de vers…
  • l’harmonie imitative  : utilisation des mots pur reproduire des bruits, le son d’une scène
  • l’hiatus : rencontre entre une voyelle de fin de mot et une voyelle de début de mot
  • l’homéotéleute : utile pour la conception de slogan, c’est une sorte de rime à l’intérieur d’une même phrase « du pain, du vin, du boursin »
  • la paronomase : rapprochement de mots qui se ressemblent d’un point de vue sonore « veni, vidi, vici » de Jules César, « je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu ». La présence de l’asyndète comme autre figure de style (annihilation de tout lien de causalité ou de temporalité dans la phrase) confère à la phrase une qualité quasi divine.

Les jeux de mots sont certainement les figures de mots les plus connus.

  • l’anagramme : composition d’un mot à partir des lettres d’un autre mot « aimer marie »
  • la contrepèterie : interversion des lettres ou des syllabes de deux mots pour créer un nouveau sens « à fleur de peau, à peur de flots »
  • l’ixolexisme : utilisation dans une phrase de plusieurs mots ayant le même radical « des hommes intègres poursuivaient intégralement la désintégration progressive de la matière vivante désemparées » Jacques Prévert, in la Pluie et le Beau Temps
  • le lipogramme : la non utilisation d’une lettre précise dans un texte. Georges Perec a écrit La Disparition sans utiliser la lettre « e ».

La modification et création de mot est également source infini de renouvellement de la figure de mots.

  • l’archaïsme est l’utilisation d’un mot ancien n’ayant lus cours. On a ainsi observer l’utilisation du mot maille petite monnaie de cuivre, qui valait ½ denier)  dans des chansons de rap
  • la lexicalisation : substantivation d’un mot ou d’un groupe de mots, ex » je est un autre » (correspondance de Rimbaud à Paul Demeny)
  • le métaplasme : il regroupe toutes les figures où il y a une altération d’un mot ou ajout d’une lettre ou syllabe d. aphérèse = »M’dame »,  apocope  (phonème supprimé en fin de mot, syncope, suppression au milieu du mot, epenthèse= »Merdre ! » Albert Jarry dans le Roi Ubu), prosthèse, ajout au début du mot,
  • la gémination= »fifille », étirement du phonème d’un mot
  • le mot forgé, création d’un nouveau mot fondé sur aucune racine existante
  • le mot-valise, contraction de deux mots « ennuiverselles », « flexicurité », « vidéocratie »
  • le néologisme : nouveau mot sur la base d’une racine lexicale existante, Utilisation du mot « bravitude » par Ségolène Royal
  • le périgrinisme : utilisation à certains aspects d’une langue étrangère

Figures de sens, le signifiant détourné

Les figures de sens sont également des tropes, un terme grec qui signifie étymologiquement détour, conversion. Or, c’est précisément de cela qu’il s’agit : les tropes ou figures de style opère un transfert sémantique sur les mots ou groupes de mots. Elles substituent à leur sens littéral un sens figuré grâce à des figures de contiguïté, des figures de l’association et des figures du double sens.

Dans les figures de contiguïté, le transfert est opéré par l’utilisation d’une chose, d’une idée qui en représente une autre et avec laquelle elle entretient un rapport.

  • l’antonomase : utilisation d’un nom propre comme nom commun (ex Don Juan ou Casanova) et inversement
  • l’hypallage : une hypallage permet de qualifier un mot alors que cette qualification se rapporte logiquement à un autre mot dans la phrase
  • la métalepse : désignation d’une chose par une autre par une relation d’analogie
  • la métonymie : substitution d’un élément par un autre élément appartenant au même ensemble logique, « boire un verre », « manger son assiette ». Dans l’éducation sentimentale,  Gustave Flaubert utilise cette figure pour décrire un embouteillage sur les Champs Élysées en décrivant les personnages seulement la l’énumération des parties du visages « […] des sourires de dénigrement répondaient aux ports de tête orgueilleux ; des bouches ouvertes exprimaient des admiration imbéciles »
  • la périphrase : cette figure remplace un mot par une expression qui le décrit « le roi des animaux », « la langue de Shakespeare », « la langue de Molière ». Dans les Précieuses Ridicules, Molière utilise cette figure pour se moquer du style ampoulé utilisé. Les fauteuils deviennent ainsi les commodités de la conservation.
  • la synecdoque (cas particulier de la métonymie) : substitution d’un mot par un autre ayant une relation d’inclusion avec celui-ci. ex : « quitter ses murs », « Paris a gagné le match » (l’équipe de Paris a gagné)

Les figures de l’association introduisent une rupture d’isotopie, c’est à dire l’introduction de deux idées ou choses ayant a priori rien à voir. L’objectif est de de donner une expression plus forte, plus expressive.

  • l’allégorie : représentation d’une idée sous une forme matérielle et vivante, « un orage terrible aux yeux des matelots, c’est Neptune en courroux qui gourmande les flots » Nicolas Boileua, in L’Art poétique (chant III)l
  • l’apposition ou épithétisme : qualification d’un terme en lui rattachant d’autres mots ou groupes de mots placés à sa suite.
  • la comparaison : mise en miroir de deux éléments, « tes yeux sont bleus comme le ciel »
  • la compensation : modification de lla connotation d’un mot ou groupe de mots, apportant un mot portant une connotation contraire. Prévert dans le poème J’attends (in la Pluie et le Beau Temps) met dans la bouche d’une femme trahie par son mari les vers suivants : J’attends le doux veuvage, j’attends le deuil heureux »
  • les correspondances : liens d’analogie entre deux éléments de registres sensoriels différents. Introduit en France par Baudelaire, cette figure se fonde sur la synesthésie (relation entre deux sens différents, un son qui correspond à une couleur par exemple). « Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants, doux comme le hautbois, verts comme des prairies », Charles Baudelaire, « Correspondances », in Les Fleurs du mal
  • la métaphore : assimilation entre un comparé et un comparant qui sont rapprochés sans outils de comparaison.
    Une métaphore filée est développée et poursuivie sur plusieurs mots, « Bergère ô tour Eiffel le troupeau des ponts bêle ce matin » (Guillaume Apollinaire, « Zone », in Alcools). Dans la métaphore dite in praesentia, le comparé est présent « et tes mains, feuilles de l’automne ». Dans la métaphore in absentia, il ne figure que le comparant, introduisant ainsi une forme d’énigme « sous les pavés, la plage »
  • l’oxymore ou oxymoron : rapprochement syntaxique de deux termes qui s’opposent normalement, « une obscure clarté »

Les figures du double sens ont pour objet la polysémie, jouant sur l’ambiguïté du langage pour proposer un sens nouveau.

  • le calembour : utilisation de l’équivalence phonique de mots pour les rapprocher de manière sémantique, ‘il n’y a que Maille qui m’aille », »de deux choses lune, l’autre c’est le soleil » (Jacques Prévert, le Paysage changeur, in Paroles), « les miroirs feraient bien de réfléchir un peu avant de renvoyer les images » (Jean Cocteau, in Essai de critique indirecte)
  • la diaphore : répétition d’un mot ou groupe de mots. On parle d’antanaclase, quand le procédé est utilisé dans un dialogue « le coeur a ses raisons que la raison ne connait pas ; on le sait en mille choses » (Blaise Pascal, in Pensées, IV, 227)
  •  l’omnymie : utilisation d’homonymes, « ces nuits t’en souvient-il Me souvenir me nuit » (Louis Aragon, Nuit d’exil, in les Yeux d’Elsa
  •  la métanalyse : utilisation de l’ambiguïté de l’énonciation d’un mot ou d’un groupe de mots. Dans les Femmes savantes de Molière, Bélise reproche à sa servante Martine « d’offenser la grammaire ». Martine répond par « qui parle d’offenser grand’ mère ni grand-père ? »
  •  la syllepse de nombre ou de genre : utilisation d’un accord en-dehors des règles grammaticales

Les figures de construction ou l’agencement du discours

Les figures de construction structurent la phrase, voire celle du discours.

Les figures de la symétrie ou de l’opposition mettent en regard deux réalités, deux idées pour les opposer, les comparer, leur donner plus de force.

  •  l’antithèse : mise en regard de deux réalités comme dans la fable le chêne et le roseau de Jean de la Fontaine qui oppose la force et la faiblesse « l’arbre tient bon, le roseau plie. »
  •  le balancement ou hypozeuxe : deux membres d’une phrases ou deux phrases successives sont mis en parallèle par une relation de symétrie grammaticale.
  •   le chiasme : relation symétrie inversée de deux membres d’une phrase selon le schéma ABBA ou ABB’A’, « ce n’est pas l’Etat qui appartient au Prince, c’est le Prince qui appartient à l’Etat (Denis Diderot, article « autorité politique », in Encyclopédie
  •  le miroir : subordination de deux termes identiques proches lexicalement, « Si tant d’hommes rêvaient alors de Marilyn Monroe, c’était parce que tant d’autres hommes rêvaient de Marilyn Monroe (Romain Gary, in Au-delà de cette limite votre ticket n’est plus valable. Dans le miroir inversé, le second terme est l’inverse du premier « il n’y a point de mal dont il ne naisse un bien » (Voltaire, in Zadig)
  •  la reprise : utilisation répétée d’une même tournure de phrase, « Sin me presse de dire pourquoi je l’aimais, je sens que cela ne peut s’exprimer qu’en répondant : «  Parce que c’était lui, parce que c’était moi « . »

Dans le cas de la figure de répétition, le discours est construit en s’appuyant sur une redite plus ou moins importante.

  •   l’anaphore : répétition d’un même mot ou groupe de mots répété plusieurs fois en début de phrase ou de vers. Dans le texte « J’accuse », Emile Zola utilise ce mot au début de chaque début de paragraphe du texte. Plus récemment lors de la campagne présidentielle utilise cette figure de style lors d’une prestation télévisuelle, en répétant « moi président »
  •  l’antépériphore : répétition de mot ou groupes de mot en début et en fin de phrase
  • l’épanadiplose : le membre de phrase se finit par le mot qui avait commencé le membre de phrase précédent
  •  l’épanalepse : répétition d’un mot, groupe de mots, voire une phrase entière
  •  l’épiphore : répétition d’un mot ou groupe de mots en fin de phrase
  • l’inclusion : texte commençant et finissant par le même mot
  •   la réduplication : répétition de mots placés côte à côte
  •   la répétition : mot repris plusieurs fois dans un texte

Les figures d’accumulation introduisent un trop plein d’informations pour amplifier les propos

  •  l’accumulation : un grand nombre de mots ou groupes  de mots sont accumulés ayant la même fonction avec pour seul objectif d’amplifier le propos, « le plus extraordinaire, le plus exceptionnel, le plus incroyable.. »
  •  l’énumération : énonciation de différents composants d’un tout à la suite
  •  l’épitrochasme : accumulation  de termes brefs placés syntaxiquement sur le même plan, « il presse, il supplie, il conjure… »
  • le pléonasme : qualifier un mot ou groupe de mot à l’ai d’un élément qui n’apporte pas de sens supplémentaire. Employé sciemment, il peut être utilisé comme figure pour appuyer les propos.
  •  le polysyndète : répétition d’un lien de coordination
  • la redondance : caractérisation de quelque chose de manière superflue
  •  le ressassement : répétition exagérée d’un mot
  • la tautologie : expression d’une même chose alors que l’on paraît dire deux choses différentes

Les figures de disposition et motifs permettent par l’agence ment particulier des phrases d’appuyer formellement le propos.

  •  l’anadiplose : reprise au début de la phrase d’un mot de la phrase suivante, « avec la mer du Nord pour dernier terrain vague. Et des vagues de dunes pour arrêter les vagues. Et des vagues rochers que des marées dépassent. Et qui ont à jamais le cœur à  marée basse », Jacques Brel, Le plat pays. Dans cet extrait, on utilise une concaténation car on utilise l’anadiplose plusieurs fois.
  •  l’antimétabole : suite de deux phrases dont la seconde reprend les mêmes mots mais pas dans le même ordre syntaxique, « Où je tu m’a embrassé. Où je t’ai embrassé »
  •  l’attelage : association syntaxique d’un terme concret avec un terme abstrait, « vêtu de probité candide et de lin blanc »
  • la disjonction : non répétition d’un terme ont dépendent plusieurs autres
  • l’enjambement : figure propre à la poésie permet de poursuivre dans un vers la phrase entamée dans le vers précédent
  •  l’épanode ou régression : reprise et explicitation des mots énoncés en début de phrase
  • l’érosion : répétition d’un groupe de mots duquel on retranche un mot à chaque fois. Dans le sens contraire, la figure est appelée alluvion
  •  la gradation ou climax : suite de mots dont l’intensité croît ; va cours, vole et nous venge », Pierre Corneille, in Le Cid
  •  l’hypotaxe : construction de phrases avec des liens de subordination
  •  la mise en abyme : procédé en forme de poupées russe qui consiste à répéter un élément à l’intérieur d’un autre qui lui est similaire, et ainsi de suite
  •  la paratase : juxtaposition de phases et segments de phrases
  • le réamorçage : répétition à l’identique ou légèrement modifié d’un mot ou groupe de mots avec entre un lien syntaxique
  •  la sériation : énumération d’un certains nombres d’éléments classés entre eux par groupes
  • le zeugma ou zeugme : liaison syntaxique de mots ou groupes de mots grâce à la subordination d’un même mot (souvent un verbe)

Les figures déstructuration produisent un effet de surprise en désarticulant uns phrase, en rompant avec la construction classique de la langue, en inversant les mots ou en intercalant d’autres.

  • l’anacoluthe : Rupture dans la construction syntaxique d’une phrase, « Qui voudra connaîte à plein la vanité de l’homme n’a qu’à considérer les causes et les effets de l’amour. Le nez de Cléopâtre : s’il eut été plus court, toute la face de la terre aurait changé », Baise Pascal, in Pensées (II, 162)
  •  l’asyndète : omission volontaire le lien entre phrases, membres de phrases ou mots
  • la dislocation : mise en exergue d’un mot ou groupe de phrases
  •  l’ellipse : omission d’un déterminants de la phrase
  • l’enchâssement : intercalation d’une phrase entière au milieu d’une phrase ou d’un groupe de mots
  •  l’hendiadyn : il coordonne deux éléments auxquels il donne syntaxiquement une place équivalente, là où il serait attendu que l’un serait subordonné à l’autre sans avoir la même fonction syntaxique
  •  l’hyperbate : ajout d’un mot ou groupe de mot à la fin d’une phrase qui paraissait close
  • l’inversion : renversement de l’ordre classique des termes d’une phrase   , « Sous le pont Mirabeau coule la Seine. Et nos amours. Faut-il qu’il m’en souvienne venait toujours après la peine. Vienne la nuit sonne l’heure. Les jours s’en vont je demeure. Les mains dans les mains restons face à face. Tandis que sous Le pont de nos bras passe. Des éternels regards l’onde si lasse », Guillaume Apollinaire, « Le Pont Mirabeau », in Alcools
  •  le rejet : membre d’une phrase, groupe de mots mis en fin de phrase
  •  la tmèse : division d’un mot composé d’un groupe de mots indissociables, « apprenons l’art, mon cœur, d’aimer sans espérance », Jean de Rotrou, in Venceslas

Figures de pensée, rapports des idées et du discours

Les figures de pensée concernent le discours en lui-même ; elles soulignent les rapports des idées entre elles et les rapports du discours avec son sujet (le narrateur) d’une part, son objet et le traitement qu’il en fait d’autre part.

Les figures d’intensité amplifient ou atténuent le discours.

  •  l’emphase : utilisation d’un ton d’une solennité exagéré
  •  l’euphémisme : il atténue une expression qui pourrait choquée, par exemple dire il a vécu au lieu de l’expression il est mort
  •  l’exténuation : elle confère à un propos une expression plus neutre ou anodine
  • l’hyperbole : exagération d’un propos, poussée à l’extrême cette figure de style est appelée adynaton
  • la litote : dire peu pour suggérer beaucoup, « va, je te hais point », Pierre Corneille, in Le Cid (acte III, scène 4)

Certaines figures restituent une image visuelle pour rendre plus vivant le discours.

  •  l’hypotypose : description vivante d’un personnage, d’un lieu
  •  l’interrogation oratoire : c’est une fausse interrogation
  •  la personnification : représentation d’un objet ou une idée comme un être humain
  •  la prosopopée : on fait agir et parler une personne absente, un objet ou une chose personnifiée

Les figures d’énonciation mettent en exergue les relations du narrateur à l’objet de son propos et la manière qu’il a de l’aborder.

  • l’analepse : récit d’une action passée (un flash-back). La prolepse est le contraire de l’analepse (récit d’une situation anticipée)
  • l’aposiopèse : interruption dans le déroulement syntaxique du propos (par des points de suspension) pour donner sens à la situation de celui qui énonce
  • l’apostrophe : interpellation directe d’une personne, d’une entité
  • l’épanorthose : procédé d’autocorrection pour y apporter des nuances. Si les nuances apportent un éclaircissement au discours, on parle alors d’expolition
  • l’épiphrase : insertion dans le discours d’une phrase ou segment de phrase pour dévoiler le ressenti de son auteur. L’insertion est signalée par des tirets
  • la parenthèse ou parembole : ajout d’un segment dissocié du reste de la phrase, signalé par des parenthèses ou virgules

Les figures de dialectique concernent la relation que le narrateur met en place avec le lecteur, l’auditeur dans le but de la surprendre, le convaincre, l’influencer.

  • l’antiphrase : utilisation d’un mot dans un sens contraire à son emploi courant
  • le chleuasme : forme d’autodérision pour essayer de réfuter implicitement les propos de son interlocuteur
  • l’ironie : dire une chose tout en indiquant son contraire
  • la prétérition : dire qu’on va ne pas parler de ce dont précisément on est en train de parler
  • la substitution : elle provoque un effet de surprise fondé sur l’utilisation d’une formule ou d’une formulation attendue, « les vieux ne parlent plus ou alors seulement parfois au bout des yeux. », Jacques Brel, « Les vieux »

Baromètre de la communication d’entreprise 2013

Démultiplication des acteurs et des messages

Pour les responsables de la communication, la principale menace vient de la prolifération des parties prenantes. C’est là le premier enseignement de la 7e édition du baromètre sur la communication d’entreprise réalisé par Harris Interactive pour l’Union des annonceurs (UDA). Par le passé, leurs principaux interlocuteurs des responsables communication  étaient les journalistes et les équipes en interne. Ils travaillaient dans un cadre plus serein avec des horaires de bouclage et des porte-parole identifiés. Aujourd’hui, avec l’essor du numérique, des réseaux sociaux et de la communication conversationnelle, ils doivent s’adresser aux consommateurs, aux organisations non gouvernementales (ONG), aux pouvoirs publics…

60% des répondants disent clairement trouver «plutôt difficile» voire «très difficile» la maîtrise des messages. Les exemples ne manquent pas, de la vidéo sur les propos antisémites de John Galliano, qui a fait trembler la maison Dior, aux messages détournés sur Total, à la suite de la marée noire de l’Erika («Partenaire officiel de la fin du monde»), ou sur Findus concernant le scandale de la viande de cheval («Chez Findus nous sommes très à cheval sur la qualité et la provenance de nos ingrédients», slogan imaginé par l’agence Rosbeef).

Réseaux sociaux et vidéos

Parmi les entreprises ayant répondu à l’étude, 6 sur 10 ont une page Facebook. Et seule la moitié dispose d’un ou de plusieurs comptes Twitter. Des scores pas si mauvais toutefois, selon Dominique Candellier, qui confie que les entreprises avancent progressivement et prudemment sur ces sujets. D’autant plus que les budgets moyens alloués à la communication corporate continuent de décroître. Ils sont passés de 2,9 millions à 2,5 millions d’euros entre 2007 et 2013.

Face à ces coupes budgétaires, les vidéos portées par le Web ont réalisé une très belle percée (74% des personnes interrogées y recourent, +18 points entre 2007 et 2013). Souvent abordés sur un mode ludique, ces vidéos sont aussi un moyen de mobiliser l’interne,  elles complètent des médias plus traditionnels. Ainsi, 85% des entreprises ont mis en place un intranet et 57% ont une newsletter interne.

Plaidoyer pour une communication responsable

Le développement durable reste une valeur qui monte. 80% des responsables de la communication dans l’étude  que la communication responsable fait partie de leur démarche de RSE (responsabilité sociale des entreprises). Le respect de l’environnement apparaît aussi comme prioritaire (diminution de l’impact des activités, incitation aux comportements responsables, économies d’énergie, recyclage…). Les thèmes sociaux, les conditions de travail, la parité ou encore la diversité, arrivent juste après. Sans surprise, ce sont les entreprises privées et celles supérieures à 5 000 salariés qui sont les plus impliquées dans les politiques de développement durable ou de RSE (respectivement 87% et 93%).

Le temps d’un discours

discours Rappelez vous de vos expériences d’auditeur quand vous rédigez un discours. Les phrases courtes (14 à 18 mots) sont à privilégier. Pour visualiser si les phrases sont trop longues, colorez en rouge les phrases de plus de 19 mots.

L’attention, sauf cas exceptionnel décline au bout de 10 minutes. La structure temporelle d’un discours peut être résumée ainsi :

  • Civilités : 30 secondes
  • Introduction : 1 mn
  • Développement : 6 à 7 mn
  • Conclusion : 1 mn

 

Faire disparaître les tics verbaux

Les tics verbaux peuvent faire rire comme le célèbre « c’est cela même… » du film Le père noël est une ordure. Mais le plus souvent, ils parasitent les propos. Qui n’a pas été agacé un jour par la répétition des « heu »…,  des « n’est ce pas… », des « voilà… » ou encore de mots ou expressions peu usitées dans la vie et qui deviennent répétitifs dans la bouche de certains, « de facto… », « du bout du bout… ».

Pour s’en défaire,  une méthode simple existe. Sur un thème inconnu, improvisez pendant un quart heure et enregistrez vous. Réécoutez l’improvisation vous permettra de repérer les tics verbaux et les expressions répétitives qui vous permettent  de réfléchir, de temporiser telles que « à cet égard », « à vrai dire », « en fait »… A partir de ce repérage, reformulez les phrases. Pour les fameux « heu… », remplacer les par une inspiration (discrète).